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Les idées reçues du dopage: les cheveux décolorés servent à cacher la prise de produits dopants
DECRYPTAGE•Entre mâchoires qui se déforment et clitoris géants, l'hématologue Gérard Dine, éminent spécialiste du dopage, revient chaque jour sur les petites et grandes légendes urbaines de la triche médicamenteuse. Aujourd'hui, les coupes de cheveux des cyclistes...M. Go.
Tout le monde se souvient de la conférence de presse des Festina lors du Tour 1998. Alors que le scandale du dopage à l'EPO ébranle la Grande Boucle, un Richard Virenque en pleurs donne rendez-vous «A l’année prochaine» à tous ses fans . La moitié de l’équipe au cœur de l'affaire, de Richard Virenque à Pascal Hervé en passant par Christophe Moreau, affiche à cette époque une crinière d’un blond peroxydé du meilleur effet.
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Le peloton a ainsi toujours arboré des extravagances capillaires. Dans la décennie qui a suivi, il y eut la mode des crânes rasés (Marco Pantani, la boule à zéro, pousse le vice jusqu’à se décolorer le bouc). Alors que cela ne pourrait être qu’un effet de mode (après tout, Florent Pagny a lui aussi tout essayé), la rumeur a toujours existé que ces coupes de cheveux servaient à embêter les contrôles antidopages et à camoufler la prise de produits dopants…
Alors docteur? «Beaucoup de produits chimiques exogènes (non secrétés par le corps) comme les stéroïdes, les stimulants, les drogues se déposent dans les cheveux. On peut non seulement retrouver toutes ces substances dans un cheveu mais on peut aussi établir une antériorité, c’est-à-dire l’ordre chronologique de la prise de produits (un peu à la manière d’un tronc d’arbre dont on connaît l’âge en le coupant, le cheveu pousse et marque la prise de produits, ndlr).»
«Une des réponses des sportifs, aux contrôles très efficaces sur les cheveux, a pu être les colorants ou se raser le crâne. C’est vrai qu’un colorant perturbe l’analyse mais ne l’empêche pas (cela prend juste un peu plus de temps). Pour les crânes rasés, les contrôleurs peuvent aller chercher un poil, c’est exactement comme un cheveu. Si les sportifs font ça pour empêcher la détection, c’est une bataille vaine au milieu d’une guerre plus globale contre le dopage.»
Et maintenant? Deux des grands dopés du Tour 2008, Ricardo Ricco et Stefan Schumacher, avaient les cheveux colorés pour l’un et la boule à zéro pour l’autre. Ce n’est sûrement qu’un effet de mode ou qu’une conséquence de l’amour des cyclistes pour les peaux bien lisses car les dopages sanguins high-tech à l’EPO ou à l’hormone de croissance ne sont pas détectables dans les cheveux puisque ce sont des produits endogènes (naturellement produits par le corps) et que ces deux cyclistes ont été convaincus de dopage à la CERA, une EPO de 3e génération. A moins que la rumeur sur les coupes de cheveux ne coure toujours dans le peloton...



















