Les Mousquetaires: vraiment un pour tous?

TENNIS Guy Forget a de l'or entre les mains. Aura-t-il besoin de gérer les egos de ses joueurs?...

M. Go.

— 

L'équipe de France de Coupe Davis entame sa campagne 2008 par un match largement à sa portée vendredi en Roumanie: avec Gasquet, Tsonga, un double rutilant et des joueurs comme Simon, Mathieu et Monfils en réserve, son potentiel impressionne.
L'équipe de France de Coupe Davis entame sa campagne 2008 par un match largement à sa portée vendredi en Roumanie: avec Gasquet, Tsonga, un double rutilant et des joueurs comme Simon, Mathieu et Monfils en réserve, son potentiel impressionne. — Daniel Mihailescu AFP

Tout le monde se souvient de Richard Gasquet boudant le nez dans son mobile lors de l’élimination de la France en 2008 lors des quarts de finale face aux USA. A l’aube d’une nouvelle saison de Coupe Davis, hors de question que les egos viennent ruiner le potentiel de cette équipe de France composée pour la première fois des 4 joueurs les plus talentueux de leur génération. Gasquet, Simon, Tsonga et Monfils, adversaires sur le circuit et tous dans le TOP 30, devront se fondre dans le collectif.

La rencontre République tchèque-France sera à suivre dès vendredi en live comme-à-la-maison


Et ce, dès mercredi soir. A deux jours du début du match face à la République Tchèque. Guy Forget révélera à son équipe les 4 joueurs alignés en simple et en double, désignant de facto le remplaçant. «Le capitaine doit prendre en compte principalement deux choses. D’abord l’indice de la forme du moment de chaque joueur. Pas son classement qui est calculé sur les performances d’il y a 6 mois-1 ans mais ses résultats des dernières semaines. Puis le capitaine doit étudier les head-to-head, c’est-à-dire les face à face de chaque joueur avec ses adversaires»,  témoigne Georges Goven, ancien capitaine de Fed Cup.

Lire l'interview de l'entraîneur de Richard Gasquet ici

D'autant que la présence de Llodra change la donne: loin au classement ATP, le Parisien est là pour le double, ce qui condamne une des quatre tête d'affiche à la place de remplaçant. Le mistrigri pourrait être récupéré par Gaël Monfils,  finaliste dimanche à Acapulco. Son arrivée tardive à Ostrava a été jugé «pas idéale» par Guy Forget. D'autant que La Monf' sort d'une semaine sur terre battue, alors que les Tchèques ont choisi une surface rapide pour la Coupe Davis.

Le cas Gasquet

Dans cette logique, reste donc à déterminer le deuxième simple et le nom du partenaire de double de Llodra. «De tels joueurs peuvent tous jouer le double», explique Georges Goven pour illustrer le casse-tête de Guy Forget, qui devra par la même occasion à gérer le cas épineux de Richard Gasquet, le Mousquetaire le plus expérimenté en Coupe Davis, mais toujours les «nerfs à fleur de peau», selon Guy Forget, à l'évocation du souvenir de France-USA de 2008. «Il a été énormément touché par ce qui s'est passé l'année dernière, confirme son entraîneur Guillaume Peyre. Il m’en parle souvent. On l’a accusé de ne pas aimer la Coupe Davis, ce qui est entièrement faux.»

Gasquet, le moins bien classé des 4 mais demi-finaliste à Dubaï la semaine dernière, compte bien profiter de cette rencontre pour remettre les choses au clair.  «Je suis partant pour tout. Etre numéro 5, jouer le double, jouer plus ou ramasser les serviettes», a déclaré Gasquet dans un entretien accordé à «L’Equipe» vendredi dernier. «Il peut jouer avec Llodra, ou encore Tsonga. En fait, il peut jouer avec tout le monde. Il est prêt à être aligné en simple ou remplaçant, entrer si un joueur est blessé. Il est tout simplement heureux d’être dans cette équipe avec ses potes», déclare son entraîneur, Guillaume Peyre. Gilles Simon qui a déjà joué numéro 5 lors d’une rencontre contre la Roumanie, est sur la même ligne.

Comme pour prévenir tout dérapage, Guy Forget avait pris les devants «Je veux que tous aient le sentiment qu'ils sont importants. Qu'il n'y a pas de passe-droit ou de privilégié», indiquait le capitaine, cette semaine. «Il y a un contrat moral qui ne doit jamais être négligé entre le capitaine et ses joueurs: quand on accepte une sélection en équipe de France, on se met au service de celle-ci. Que ce soit en numéro 5 ou en joueur de double», analyse Goven, ancien capitaine de Fed Cup.  Le message semble avoir été compris compris. Au moins en apparence.