France - Bulgarie : Alors, on retient quoi de cette prépa pour l'Euro 2021?

FOOTBALL La préparation des Bleus est (presque) terminée et il est temps de faire un petit point d'étape avant d'attaquer l'Euro contre la Mannschaft

William Pereira

— 

Paul Pogba est en forme, merci pour lui
Paul Pogba est en forme, merci pour lui — Francois Mori/AP/SIPA

Au Stade de France,

La préparation de l'équipe de France n’est pas tout à fait terminée puisqu’il reste encore une semaine avant le match contre l’Allemagne, mais au lendemain de leur journée de repos à huis clos, mercredi, les Bleus basculeront dans ce que le planning qualifie de « début de la période Euro 2021 ». On peut donc considérer que le gros du travail préparatoire a été effectué par les joueurs de Didier Deschamps après leur victoire 3-0 contre la Bulgarie. Suffisamment en tout cas pour que l’on puisse en tirer certaines conclusions.

Des adversaires faibles mais une forte émulation interne

On l’a compris dès lors que l’arbitre de France-pays de Galles a décidé d’appliquer la double peine contre Neco Williams au bout de 26 minutes, l’avant-Euro serait biaisé par des adversaires trop faibles comparé à ce qui attendra les Bleus dans le groupe de la mort qui tue. « On a eu deux matchs, le premier a été faussé avec l’exclusion, et les Gallois nous ont mis plus en difficulté que les Bulgares. » Cette phrase de Didier Deschamps veut dire ce qu’elle veut dire, et on aura beau nous raconter que c’est dans les vrais matchs que se trouve la vérité, on ne nous enlèvera pas que la France ne se serait pas moins bien portée sans ces deux exhibitions.

DD : « Il y a une progression dans le travail, dans ce qu’on est capable de faire. Le 15 juin (contre l’Allemagne), le niveau sera encore plus haut, mais dans les attitudes on est dans le vrai. Il y a de l’émulation en interne, faisons en sorte que cela se poursuive. » On insiste sur ce point. Les séances d’entraînement de l’équipe de France sont de haut niveau, de même que le degré d’implication des joueurs. Tous sont en mission.

Tolisso vainqueur au milieu ?

Si on ne connaissait pas Coco Tolisso et sa capacité à revenir de nulle part comme Marc Raquil en fin de 400m, on serait surpris. Mais cette fois, on peut dire qu’on l’avait presque vu venir. Alors oui, le duc Adrien Rabiot lui déroule malgré lui le tapis rouge avec sa petite blessure, mais le milieu du Bayern Munich a montré suffisamment de qualité et de garanties physiques pour postuler au statut de titulaire dans une semaine. On peut regretter de ne pas le voir être aligné en meneur de jeu reculé pour laisser Kanté se projeter sur un côté, même si, à y regarder de plus près, c’est déjà ce qu’il se passe quand le jeu le demande. Sans être spectaculaire, il est, tout comme Benzema et Pogba, vital dans la gestion du jeu. Sa parfaite imbrication dans le trio du milieu devrait pousser DD à le reconduire, et ce n’est pas volé.

Quand Pogba est sérieux comme ça…

Il y a un peu de Tolisso dans la saison de Paul Pogba à Manchester United, à l’exception que la Pioche est revenu fin mars aux affaires. Le milieu français suinte la bonne forme. On sent qu’il s’est donné les moyens de monter en puissance, et son langage corporel ne ment pas : il est dans le même état d’esprit qu’en 2018. « Paul est un joueur très important sur le terrain et dans le leadership, dit Deschamps. Il sait ce que j’attends de lui, il est capable de tout faire. » Encore plus dans ce système qui lui octroie plus de liberté de mouvement. Contre la Bulgarie, il a fait étalage de tout son talent en construisant, en éliminant et en récupérant. Le tout, en assurant le spectacle. On veut des sombreros-amorti de la poitrine tous les jours au petit dej', Paul.

Les latéraux, potentiels talons d’Achille

S’il faut retenir un seul bémol (autre que la blessure de Karim), on citera peut-être les latéraux. Pavard, Hernandez et Digne, tous ont montré contre la Bulgarie des petits signaux de faiblesse en défense qui ont obligé Varane et Kimpembe à intervenir. A relativiser tout de même. On se doute bien qu’ils ne joueront jamais aussi haut face à l’Allemagne ou au Portugal et qu’ils feront preuve de plus d’attention l’heure du vrai combat venue. Du moins, on l’espère.