Kazakhstan-France : « La concurrence nous pousse tous », Dembélé et les remplaçants ont marqué des points

FOOTBALL L’équipe de France a réussi une prestation sérieuse à Noursoultan malgré la présence de 9 remplaçants au coup d’envoi (0-2)

Julien Laloye

— 

Ousmane Dembélé a séduit Deschamps au Kazakhstan.
Ousmane Dembélé a séduit Deschamps au Kazakhstan. — FRANCK FIFE / AFP
  • Les Bleus se sont imposés en Kazakhstan grâce à un bon match d'ensemble des remplaçants. 
  • Dembélé, Martial, Ndombélé ou Digne ont rassuré le staff à quelques semaines de l'Euro. 
  • L'équipe de France disputera son dernier match de la séquence mercredi en Bosnie, avec une configuration plus habituelle. 

Au détour d’une après-midi sans plus d’émotion que ça à Astana ou Noursoultan, comme vous voudrez, une statistique qui raconte (un peu) ce qu’est devenu le football moderne. Les Bleus ont signé une septième victoire consécutive en déplacement, leur meilleure série en la matière depuis 1991, à une époque où voyager sur un terrain de l’Est ressemblait plus à un coupe-gorge qu’à un week-end Guide du routard.

Mais les terrains en synthétique universel ont remplacé les traquenards neigeux, de ceux qu’on ne pouvait comme par hasard pas déblayer le jour du match faute de dameuse disponible, et les supporters ne sont plus des militaires déguisés, maintenant qu’ils n’ont plus le droit de naviguer à moins d’un kilomètre d’un joueur de foot.

Le troisième but de Dembélé en sélection

Un peu de couleur locale quand même en conférence de presse d’après-match, quand nos confrères kazakhstanais (on aura au moins appris que c’est comme ça qu’on dit) ont fondu sur Didier Deschamps plus vite que leurs défenseurs pour lui demander un selfie. Ce qui ne dit rien d’une presse aux ordres, aux passages, puisque l’un d’entre eux a risqué sa peau en tentant une question sur Benzema avant la fin de la récré. Le sélectionneur tricolore a bien rigolé – « C’est un journaliste français qui vous l’a soufflée » – lui qui a effacé l’attaquant madrilène du tableau comme à la grande époque de la propagande soviétique.

Presque le climax de la journée, cette histoire de selfie. Avec le troisième but en équipe de France d’Ousmane Dembélé, le premier depuis 125 ans environ. Le match réussi de l’ailier du Barça, pour peu qu’on jette un voile pudique sur une paire de ballons perdus inutilement, a permis de relifter l’ensemble de la prestation des doublures habituelles tricolores, envoyées au turbin à Noursoultan. « Est-ce que Dembélé a marqué des points ? Il a marqué déjà, a plaisanté DD sur TF1. Oui je suis satisfait (de Dembélé), il a la qualité technique, il met un beau but, il peut toujours mieux faire des choses mais quand il est comme ça, il est intéressant. Ceux qui jouent ont la possibilité de mettre des choses à leur crédit, contrairement à ceux qui ne sont pas là, c’est sûr ».

Personne n’a perdu des points pour l’Euro

On pense entre autres à Anthony Martial, qui semblait parfois se pointer en bleu comme à la visite médicale annuelle de la boîte. Le Mancunien n'a pas marqué, mais il a montré une gnaque rarement vue en sélection. Pareil pour Ndombélé, sérieux, sans fioritures, presque aussi sobre que Kanté au même poste c’est dire. RAS non plus pour la charnière Lenglet-Zouma, qui n’a pas permis le moindre frisson lors des rares aventures kazakhstanaises au fond des bois. Ils étaient un certain nombre à risquer d’être jetés de l'avion pour l’Euro, mais les remplaçants tricolores ont réussi « un match sérieux, appliqué », ce qui dans la bouche d’un Deschamps vaut comme une lettre de recommandation pour cet été. « Je suis satisfait de ce qu’ont montré les joueurs, même si on a beaucoup vu le gardien adverse ».

Un reproche qui concernait surtout Mbappé, décidément pas en veine cette semaine, avec un penalty - provoqué - raté à son entrée, et à un degré moindre pour Lemar, qui devrait être moins romantique dans la surface, parfois. « Il fallait faire le job, on l’a fait » résumait Pogba, l’un des rares cadres aligné d’entrée (TF1). Et sans personne pris en flagrant délit de jouer pour son CV ou d’enguirlander le copain qui n'a pas choisi la meilleure option de passe sur l’instant. Digne, en balance avec l’arrière-gauche du Bayern et celui du Real, aurait sans doute aimé toucher plus de ballons devant, mais il n’a rien laissé paraître au micro de la chaîne l’Equipe.

« Montrer de quoi on est capables à chaque opportunité »

« Je pense qu’à chaque opportunité qu’on nous donne, il faut montrer de quoi on est capable. Chaque sélection est un match important. Cette concurrence, ça nous pousse tous et ça nous envie de donner le meilleur de nous-même à chaque fois, et c’est l’équipe de France qui en sort gagnante à chaque fois. » Un peu gnangnan dit comme ça, mais très juste sur le match de dimanche. La logique du foot de haut niveau voudrait maintenant que les tauliers, pas brillants en lever de rideau au stade de France, en remettent un coup mercredi en Bosnie. Ça vient vite.