FFF : « C'est le rôle du président de réunir Deschamps et Benzema et faire la paix », estime le candidat Michel Moulin

FOOTBALL Le candidat à la présidence de la FFF critique la gestion des cas Karim Benzema et Amandine Henry par la 3F

W.P, avec AFP

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Karim Benzema
Karim Benzema — FRANCK FIFE / AFP

Candidat à la présidence de la Fédération française de football​, Michel Moulin joue la carte de l’anti-establishment. L’entrepreneur veut donner la parole aux clubs et dénonce l’actuelle gestion par les dirigeants de la FFF des dossiers Karim Benzema ou Corinne Diacre-Amandine Henry, où, estime-t-il, le président « doit intervenir » davantage.

Vous prônez la rupture avec le système. Que dénoncez-vous dans celui-ci ?

Aujourd’hui, il y a de plus en plus de clubs, surtout amateurs, qui sont en danger de mort, et personne ne s’en occupe, il n’y a aucune bienveillance de la Fédération. Il faut une vraie rupture dans la gouvernance, un vrai patron comme dans une entreprise. Je veux délocaliser beaucoup de choses dans les Ligues et les districts car ils vivent le problème. La Fédération doit aider les clubs, se montrer reconnaissante pour que ce football puisse continuer à vivre.

Il faut donner la parole aux clubs, qui ne l’ont pas. Est-ce que tous les clubs en France n’auraient pas envie de voter pour le président de la Fédération française ? Ça, c’est une réforme démocratique. La limitation à deux mandats (pour le président), aussi : quand vous avez fait huit ans, il faut savoir passer (la main) à des gens qui ont de nouvelles idées. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de parents qui veulent inscrire leurs enfants au football. C’est une hérésie. Quand on est amateur de football, on est de la racaille, alors que ce n’est pas ça.

Avec Frédéric Thiriez candidat, Luis Fernandez intéressé, ne redoutez-vous pas l’éparpillement des candidats face à l’actuel président Noël Le Graët, si celui-ci brigue un nouveau mandat lors des élections en mars ?

Sans critiquer les autres, je n’appartiens pas à une caste. Je suis joueur depuis mes six ans, j’ai passé mes diplômes d’entraîneur, j’ai présidé un club amateur, j’ai repris le Red Star. Le football, c’est ma passion. Ce n’est pas une question de pouvoir, car le pouvoir, je l’ai eu dans mes entreprises (les journaux ParuVendu et Le 10 Sport, NDLR). Je suis là pour le foot populaire, pour qu’il puisse continuer à évoluer.

Vous avez récemment critiqué la gestion du cas Karim Benzema. Avec vous aux commandes, il serait réintégré chez les Bleus ?

Benzema, c’est un cas parmi d’autres. Bien entendu, c’est le sélectionneur qui sélectionne. Par contre, quand on parle de management, c’est le rôle du patron de réunir Monsieur (Didier) Deschamps, Monsieur Benzema et de faire la paix à un moment donné. On ne peut pas se priver d’un garçon qui est peut-être le meilleur attaquant qu’on ait jamais eu en France. C’est ça que je veux dire : le président de la Fédération doit s’impliquer dans un dossier comme celui-là. Il doit aimer les joueurs, être avec eux au lieu d’être contre eux.

Moi, j’aime les joueurs, je vais les défendre. Le problème de Corinne Diacre avec sa capitaine Amandine Henry, si je suis président, ce n’est pas dans les journaux que cela se traite. Avec un bon manager, cela n’arrive pas. Le cas de Monsieur (Raymond) Domenech, c’est pareil : il y a une charte qui dit qu’un entraîneur ne peut pas entraîner à plus de 65 ans (la charte du football professionnel de la Ligue, NDLR), comment on le laisse aller entraîner Nantes ? Le président de la Fédération doit intervenir. Comment on laisse venir Mediapro ? Ils auraient dû bloquer.