F1 : « Je mérite ce respect »… Pour Lewis Hamilton, la voiture ne fait pas tout

FORMULE 1 Lewis Hamilton aimerait qu'on parle plus de ses talents de pilote et un peu moins de sa voiture

W.P, avec AFP
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Lewis Hamilton
Lewis Hamilton — Tolga Bozoglu/AP/SIPA

On ne devient pas sept fois champion du monde de F1 sans être un éternel insatisfait. Lewis Hamilton est revenu sur son dernier sacre mondial obtenu dimanche à l’issue d’un Grand Prix de Turquie​ qui se déroulait dans des conditions climatiques pour le moins houleuses. Pour lui, sa victoire démontre que sa voiture ne fait pas tout et qu’il « mérite ce respect » comme il l’a expliqué en conférence de presse.

Vous étiez loin d’être favori et pourtant vous gagnez. C’est une de vos meilleures courses ?

Je cours depuis si longtemps, c’est dur de comparer. Mais bien sûr, celle-ci m’a semblé très complète dans les conditions les plus difficiles. C’était un vrai test pour moi. Vous savez ce dont je suis capable sous la pluie mais c’était différent, c’était comme sur de la glace (rires) et je n’avais jamais couru sur la glace. J’ai l’impression d’avoir accompli quelque chose de différent. (…) Plus je cours, plus j’ai l’impression de m’améliorer. Je me comprends mieux, je sais ce que j’attends de la voiture, je sais quoi faire. Pendant les courses, j’adapte mon pilotage pour être le plus rapide virage après virage. Cet algorithme ne s’arrête jamais. C’est différent tour après tour et, aujourd’hui, je l’ai particulièrement bien maîtrisé, au moins à partir de la mi-course.

On retient souvent contre vous que vous avez la meilleure voiture. Cela prouve qu’il n’y a pas que ça ?

Je veux plus de week-ends compliqués, plus d’opportunités de montrer ce dont je suis capable ! Je pense que je mérite ce respect. Je l’ai de la part de mes pairs qui savent qu’une journée comme aujourd’hui est très dure et que ce résultat n’a rien à voir avec la voiture. Même si je n’aurais pas pu le faire sans mon équipe. Après tout, il y a un autre grand pilote à côté de moi avec la même voiture qui n’a pas obtenu le même résultat. (…) Bien sûr qu’il faut le bon équipement, ça a toujours été le cas dans ce sport, mais ce que tu en fais compte aussi et j’espère que ça s’est vu aujourd’hui.

Vous avez dédié ce titre aux jeunes en les incitant à rêver. Pourquoi ?

Ca n’est pas un secret que je suis le seul pilote de couleur. Quand j’étais jeune, personne dans ce sport ne me ressemblait et il était facile de penser que c’était impossible. J’espère que les jeunes qui nous regardent se disent : peu importe d’où tu viens, il est important de rêver grand. Si tu vises un domaine dans lequel personne n’a les mêmes origines que toi, trace ton propre chemin. C’est ce que nous avons fait. Et ça été tellement difficile… J’espère que ça envoie ce message. C’est le plus important.

On vous a vu inhabituellement ému…

Je m’autorise rarement à perdre le contrôle de mes émotions mais, dans les derniers tours, je me disais : garde la tête froide, ça va aller, tu en es capable. Il y avait plein d’émotions que j’essayais de contenir. Je pensais à ma carrière depuis mes 5 ans, à rêver d’être là et à y être presque. Ça m’est tombé dessus en passant la ligne d’arrivée et j’ai éclaté en sanglots. Je ne pouvais pas sortir de la voiture parce que je n’arrivais pas à y croire. (…) Je ne voulais pas non plus qu’on me voie pleurer ! Je m’étais promis en voyant tous ces pilotes pleurer qu’on ne m’y prendrait pas. (Rires) Mais c’était trop !

Il est temps maintenant de négocier votre contrat avec Mercedes pour 2021, non ?

On va s’y mettre ! (…) Il y a des moments dans la vie où on peut se dire : signons vite pour garantir notre futur mais, moi, je parie sur moi-même. Je fais le job, je me connais mieux que personne et je sais ce dont je suis capable et comment le faire. Mieux que jamais. Je voulais attendre que le boulot soit fait. On va probablement s’y mettre dans les semaines qui viennent. On aura le temps pendant les trois semaines de courses qui viennent au Moyen-Orient. Même si ces GP, je veux les gagner. Je n’ai pas terminé !