Fifa : Platini tacle durement Infantino et lui suggère de « remettre son mandat »

FOOTBALL Michel Platini est toujours aussi remonté

W.P, avec AFP

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Gianni Infantino et Michel Platini lors d'un congrès de l'UEFA à Zurich, le 28 mai 2015.
Gianni Infantino et Michel Platini lors d'un congrès de l'UEFA à Zurich, le 28 mai 2015. — Michael Probst/AP/SIPA

Un petit tacle les deux pieds décollés de Michel Platini au petit-déjeuner avec croissant et café ? On prend. Gianni Infantino, patron de la Fifa et cible de l’ancien numéro 10 des Bleus, s’en réjouit sans doute un peu moins que nous. Et pour cause, le Suisse a pris cher dans le magazine suisse L’Illustré. Cet entretien est publié le jour où la commission judiciaire de l’Assemblée fédérale suisse doit se prononcer sur l’ouverture d’une procédure de destitution du procureur Lauber, fragilisé par ses rencontres informelles avec M. Infantino.

Gianni Infantino et le procureur général suisse Michael Lauber « se croient intouchables et au-dessus des lois », estime Platoche, écarté de la course à la présidence de la Fifa après avoir été suspendu par la fédération internationale pour un paiement controversé reçu de l’ex-patron du football mondial Sepp Blatter.

Selon des révélations récentes, Infantino et Lauber ont eu une série de rendez-vous informels, un flou juridique qui soulève la question d’une potentielle collusion entre la Fifa et la justice.

« Je pense que Lauber a conscience qu’il a franchi la ligne rouge. Infantino, lui, devrait à mon sens remettre son mandat », juge Michel Platini. « Mais le problème, c’est qu’il est devenu président de la Fifa par un habile concours de circonstances, en opportuniste, sans avoir de légitimité particulière. Il va donc tout faire pour s’accrocher à son poste ».

De la théorie du complot

« Le fait que j’aie été victime d’un complot est pour moi une évidence », répète l’ancien président de l’UEFA, dont la suspension de quatre ans est arrivée à son terme en octobre dernier. « En 2016, la présidence de la Fifa aurait dû me revenir à une très large majorité, tout le monde le sait », assure-t-il encore. « Il semble que Gianni Infantino ait habilement combiné, au début de l’été 2015, pour faire en sorte que je sois écarté de la course à la présidence de la Fifa, par des accords de circonstance passés en coulisses ».