Coronavirus : En quarantaine de luxe, des Koweitiens trouvent le moyen de se plaindre

KOWEIT Le service de leurs palaces ne seraient pas à la hauteur

W.P, avec AFP
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Le drapeau du Koweit
Le drapeau du Koweit — CHINE NOUVELLE/SIPA

On peut être en quarantaine dans un hôtel cinq étoiles et trouver à se plaindre. La preuve au Koweit, où des clients privilégiés n’hésitent pas à se plaindre de la qualité du service dans les hôtels où ils passent une quarantaine dorée à leur retour de l’étranger, coronavirus oblige, suscitant sans grande surprise l’indignation d’internautes.

Chambre trop petite, hygiène insuffisante ou nourriture de mauvaise qualité font partie des plaintes exprimées sur les réseaux sociaux par cette clientèle spéciale. Les autorités de ce pays riche en pétrole ont imposé aux citoyens revenant de l’étranger de s’isoler pendant 14 jours dans des hôtels de luxe avant de pouvoir rentrer chez eux. Le premier groupe a été rapatrié fin mars.

Quelque 60.000 Koweïtiens de retour d’Italie, d’Allemagne, d’Iran, d’Egypte ou du Liban doivent ainsi passer par le confinement grand luxe. Mais pour certains, les conditions d’hébergement sont moins que satisfaisantes.

« Salade sans vinaigrette »

« Cher ministre des Finances, la nourriture n’a pas de goût, elle est immangeable. Nous la jetons », s’exaspère une Koweïtienne dans une vidéo mise en ligne et dans laquelle elle dissimule son visage. « Nous sommes émotionnellement fatigués et notre santé se détériore parce que la nourriture n’est pas bonne », fustige-t-elle en montrant les plateaux-repas livrés dans sa chambre. « Ils nous ont servi une salade sans vinaigrette. Et tout le reste est également sec. »

Ses commentaires ont provoqué de nombreuses réactions en ligne, certaines indignées. « Je suis restée à l’hôpital pendant une semaine avec ma mère et je ne me suis pas plainte, je mangeais du pain et du fromage », rétorque une internaute sur Twitter. Un autre a mis en ligne des images de personnes vivant visiblement dans un pays pauvre et faisant la queue pour boire de l’eau.

Parmi les établissements réquisitionnés pour les quarantaines figure l’Al-Kout Beach Hotel qui se vante d’être une « élégante propriété offrant un accès direct à une belle plage privée ».

Trop de temps à nettoyer une tache de café

Dans une vidéo, un Koweïtien se plaint de ses bagages qui ne sont pas arrivés à sa chambre d’hôtel, qu’il décrit comme petite avec « le lit collé au placard ». Dans une autre, une femme affirme que la viande servie a « trop de graisse » tandis qu’un autre juge que le service de chambre met « trop de temps à nettoyer une tache de café sur le canapé ».

A l’extérieur des hôtels de luxe, le Koweït a multiplié les mesures strictes pour contenir la pandémie et plus de 100 personnes ont été poursuivies pour avoir enfreint les règles du confinement. Les contrevenants risquent jusqu’à six mois de prison ou une amende de 10.000 dinars (près de 30.000 euros). Toute personne reconnue coupable d’avoir intentionnellement propagé le virus peut être condamnée à une peine de 10 ans de prison et à une amende de 30.000 dinars (environ 88.000 euros).