La femme du docteur Fuentes menace de «couler» le sport espagnol

DOPAGE Mais pour l'instant, elle se tait...

Avec agence

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Un tribunal régional de Madrid a décidé jeudi de rouvrir le dossier de dopage sanguin touchant quelque 60 cyclistes, dite affaire Puerto, classé sans suite en mars 2007, après l'appel du parquet de Madrid, a annoncé à l'AFP une source du conseil supérieur des sports (CSD).
Un tribunal régional de Madrid a décidé jeudi de rouvrir le dossier de dopage sanguin touchant quelque 60 cyclistes, dite affaire Puerto, classé sans suite en mars 2007, après l'appel du parquet de Madrid, a annoncé à l'AFP une source du conseil supérieur des sports (CSD). — AFP/Archives

L’affaire Puerto n’est pas terminée. L'épouse du docteur espagnol Eufemiano Fuentes, a rappelé qu’elle avait les moyens de faire très mal au sport espagnol, dans une interview au journal La Provincia.

«Je sais ce qui s'est passé aux JO de Barcelone en 1992 et je suis une boîte de Pandore qui, si elle s'ouvrait un jour, ferait tomber le sport (...). Je me tais, mais je parlerais bien pour couler tous ceux qui sont mêlés à ce petit monde», a expliqué Cristina Perez, ancienne championne espagnole d'athlétisme, médaille de bronze sur 400 m lors des championnats d'Europe en salle de Liévin (France) en 1987.

Sans suite

Son mari, le docteur Fuentes, brièvement arrêté puis relâché quelques jours plus tard par la garde civile espagnole en mai 2006, est au coeur de l'énorme scandale de dopage Puerto qui a secoué le cyclisme européen et dont l'instruction est actuellement bloquée en Espagne.

Un juge espagnol a de nouveau classé le dossier sans suite en octobre, suscitant un nouvel appel du parquet, à la demande notamment du Conseil supérieur des sports.

Elle-même soupçonnée de dopage

L'affaire, marquée par la saisie de poches de sang congelé et de plasma sanguin, a éclaboussé de nombreux cyclistes connus comme l'Allemand Jan Ullrich, qui a annoncé sa retraite, l'Italien Ivan Basso ou l'Espagnol Francisco Mancebo.

Cristina Perez, 43 ans, elle-même soupçonnée de dopage aux JO de Séoul en 1988, défend son mari, sans nier précisément ses pratiques pouvant être assimilées au dopage, estimant qu'il est victime d'une «campagne» de l'Etat espagnol.

«Le sport, en général, est une hypocrisie»

«Appeler chef d'une machination criminelle un médecin qui se dédie à la médecine sportive et qui n'a tué personne me paraît honteux», déclare-elle.

Elle précise qu'elle a abandonné la compétition à 31 ans car «le sport, en général, est une hypocrisie dont ne se libèrent pas les dirigeants et les sportifs, où abondent les cas de dopage et où tout paraît permis pour gagner».

Selon elle, «beaucoup de médailles olympiques» espagnoles ont été obtenues grâce à son mari. L'Espagne a remporté 13 médailles d'or, un record, aux JO de Barcelone.