VIDEO. « Zozulya tu es un nazi »... Un match de D2 espagnole suspendu à cause de « chants insultants »

FOOTBALL La rencontre entre le Rayo Vallecano et Albacete n'a pas pu aller à son terme

J.L. avec AFP

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Zozulya avec le maillot de l'Ukraine lors de l'Euro 2016.
Zozulya avec le maillot de l'Ukraine lors de l'Euro 2016. — SIPANY/SIPA

Le match de deuxième division de championnat espagnol entre le Rayo Vallecano et Albacete a été « suspendu » dimanche soir, en raison de « chants et insultes répétés » proférés à l’encontre de l’avant-centre d’Albacete Roman Zozulya, ont annoncé les deux clubs dimanche.

« En raison de chants et insultes répétés proférés durant la première période de #RayoAlbacete, le match est suspendu », a posté le Rayo Vallecano sur Twitter dimanche soir. « En concertation avec le Rayo Vallecano, Albacete Balompié et la Liga, l’arbitre et la fédération espagnole de football ont décidé de suspendre le match à Vallecas. Une décision prise dans le seul but de préserver les valeurs du sport que nous aimons, et de notre compétition », a pour sa part déclaré le club d’Albacete sur Twitter.

La Ligue espagnole a « manifesté son accord » avec cette décision, ajoutant qu’elle « travaille pour éradiquer la violence, le racisme et la xénophobie dans les stades » en Espagne. Alors qu’une partie des supporters du Rayo Vallecano a proféré des chants « Zozulya est un nazi » en première période, l’arbitre de la rencontre, José Luis Lopez Toca, a décidé de suspendre la rencontre pendant quelques minutes.

Les joueurs d’Albacete ont refusé de revenir sur la pelouse

Un message sonore a ensuite été diffusé à deux reprises dans le stade pour demander que ces chants insultants cessent, sans quoi la rencontre ne pourrait pas reprendre. Le match a ensuite repris, mais les joueurs d’Albacete ont refusé de revenir sur la pelouse après la pause, par solidarité avec leur coéquipier insulté, ont indiqué plusieurs sources présentes au stade.

« C’est une nuit très triste pour le Rayo et le sport », a réagi le président du club, Raul Martin Presa, devant la presse dimanche soir. « Nous condamnons fermement les insultes qu’une partie des supporters, située au fond, a proférées en direction d’un joueur adverse. Nous ressentons de le peine et de la honte, après ce qu’il s’est passé », a regretté le dirigeant du Rayo, qui a indiqué avoir « parlé et embrassé Zozulya, parce que c’est un être humain et qu’il mérite le respect ».

Un lourd passif entre le club et le joueur

Le vice-président d’Albacete, Victor Varela, a pour sa part tenu à souligner « le comportement exemplaire du Rayo », solidaire du club visiteur. « Pendant la première mi-temps, des amis m’ont raconté que le joueur était en larmes et complètement effondré quand il a rejoint les vestiaires », a relayé le dirigeant d’Albacete devant la presse, dimanche soir. Une version pourtant mise à mal au vu des images montrant le joueur demander à la foule de continuer à l’insulter avec un sourire ironique en rentrant aux vestiaires.

L’avant-centre international ukrainien Roman Zozulya (30 ans) est déjà passé par le club de Vallecas, en banlieue sud-est de Madrid, en 2017. Il avait alors déjà été la cible de certains supporters du Rayo Vallecano situés à gauche de l’échiquier politique, qui l’accusaient de liens avec l’extrême-droite. Cela avait d'ailleurs conduit le Rayo à renoncer à son arrivée lors du mercato d’hiver.

Dans un portrait publié en 2017, Libération expliquait que le joueur « a fondé et financé la Narodna Armiya («armée populaire »), une milice armée active dans la région du Donbass [en Ukraine]. Sur Twitter, il a posé aux côtés de combattants, parfois avec un fusil-mitrailleur entre les mains, ou exhibant une écharpe à l’effigie de Stepan Bandera, un chef militaire allié des nazis en 1940. »