Le Stade Français toujours plus au fond du gouffre malgré le départ de Heyneke Meyer

RUGBY Les Parisiens ont perdu à domicile vendredi soir en Challenge européen face à Brive

Nicolas Camus

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Le Stade Français vit une saison 2019-2020 cauchemardesque.
Le Stade Français vit une saison 2019-2020 cauchemardesque. — DANIEL VAQUERO/SIPA

« Il n’y avait plus d’excuse aujourd’hui » : Laurent Sempéré et Julien Arias, les entraîneurs intérimaires du Stade Français dernier de Top 14, ont affiché une colère froide après le revers de leur équipe 27 à 11 vendredi en Challenge européen face à Brive.

Dominés par un concurrent direct pour le maintien en championnat et hués par ce qu’il reste de leur public, les Parisiens ont un peu plus touché le fond à Jean-Bouin, trois jours seulement après le limogeage du directeur sportif Heyneke Meyer et de ses adjoints sud-africains.

Un chantier « encore plus gros que ce qu’on pensait »

« On a vu où on en était au niveau de l’état d’esprit, on a une belle photo de la situation. On savait qu’on avait un gros chantier là-dessus, il est encore plus gros que ce qu’on pensait en fait », a dit Sempéré, la mâchoire serrée.

Sempéré et Arias étaient encore des joueurs du club il y a quelques mois, avant de rejoindre l’encadrement : à l’intersaison pour le talonneur et il y a quelques jours pour l’ailier. Ils ont dû reprendre au pied levé une équipe désemparée après le revers dimanche face au Racing 92 ​(25-9) et qui n’adhérait plus au jeu ni à la méthode de Meyer.

« Il faut qu’ils changent d’attitude pour pouvoir construire. Heyneke Meyer, pas Heyneke Meyer… il a bon dos, Heyneke Meyer. Il a bon dos », a fulminé Arias. « Dans la situation dans laquelle on est, c’est une chance : c’est un match de Challenge, tu as moins de pression, tu dois t’envoyer. Tu as des joueurs qui pleurent parce qu’ils ne jouent pas, tu leur donnes une chance il faut qu’ils la saisissent ».

Les deux hommes se sont présentés aux quelques journalistes après être restés près d’une heure dans le vestiaire avec les joueurs. « Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt, les dirigeants, les trucs… », a encore dit Sempéré. « On se doutait bien que ça n’allait pas être merveilleux dès aujourd’hui mais on pensait quand même qu’il allait y avoir une réaction différente ». Le Stade Français retrouvera Brive le 1er décembre en Corrèze pour un match déjà décisif pour le maintien en Top 14.