Mort de Raymond Poulidor : «Ses exploits, son panache, son courage resteront gravés dans les mémoires», salue Emmanuel Macron

CYCLISME Le décès du champion de la France populaire a entraîné de nombreuses réactions, dont celle de Romain Bardet

J.L, M.D

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Raymond Poulidor avait rencontré Emmanuel Macron sur le Tour de France 2017.
Raymond Poulidor avait rencontré Emmanuel Macron sur le Tour de France 2017. — JEAN-PIERRE CLATOT

Il est le premier coureur tricolore du peloton à réagir. Romain Bardet a évidemment rendu hommage à Raymond Poulidor, décédé mercredi à 83 ans. « C’est un personnage vraiment emblématique, adoré du public », a déclaré le dernier Français à être monté sur le podium du Tour (2e en 2016, 3e en 2017), à propos du coureur le plus populaire, qui a accédé au même podium à huit reprises dans les années 1960 et 1970, sans jamais terminer sur la première marche.

« Il faisait le lien avec le cyclisme ancré dans les territoires », a ajouté Bardet. «Je me souviens de lui sur le Tour mais aussi dans des courses de clochers, à côté des organisateurs. Il représente ce qu’est le vélo, un sport populaire et accessible ». « Raymond est monté huit fois sur le podium, il a tout eu sur le Tour sauf le maillot jaune qui lui a échappé pour huit dixièmes de seconde en 1973. En 1967, il était déjà passé tout près », a déclaré de son côté Christian Prudhomme, le directeur du Tour.

« On se souvient de ses chutes, bien sûr, et de son deuxième souffle. Il essayait désespérément. Dans le Tour 1974, il prend la deuxième place derrière Eddy Merckx, dix ans plus tôt c’était derrière Jacques Anquetil, autre monstre sacré », a détaillé le directeur du Tour. « Mais il avait aussi parfaitement conscience que ne pas avoir eu le maillot jaune contribuait à sa légende. Raymond était au-delà du sport. Récemment encore, on parlait du Poulidor du prix Goncourt », a-t-il ajouté.

« A titre personnel, c'est lui, avec les champions de sa génération, qui m'a donné l'amour du Tour. La dernière image que j’ai de lui, c’est à la fin du Tour sur les Champs-Elysées. Il était appuyé sur une balustrade, au pied de la tribune présidentielle et l’on voyait qu’il n’allait pas bien ».

Raymond Poulidor a marqué bien au-delà du milieu du cyclisme. Tony Estanguet, président du comité d’organisation des JO de Paris 2024. a également tenu a rendre hommage à l’ancien coureur : « Une légende du sport, "l’éternel second" mais toujours premier dans le cœur des Français », a-t-il posté sur Twiter.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a suivi le mouvement : « Ses exploits, son panache, son courage resteront gravés dans les mémoires. »

Le Belge Eddy Merckx, légende du cyclisme, quintuple vainqueur du Tour de France, a lui aussi salué en Raymond Poulidor, décédé mercredi, « un grand ami qui s’en va », dans une déclaration à l’AFP. « C’est une grande tristesse. Pendant ma carrière on était adversaires, mais après je l’ai côtoyé souvent (…) j’ai passé des vacances avec lui », a dit Merckx. « C’est une grande perte, un grand ami qui s’en va », a-t-il ajouté.