US Open: « Je suis si près, si près, si près »... Le cruel à répétition pour Serena Williams

TENNIS La championne américaine a une nouvelle fois buté en finale d'un Grand Chelem, à deux doigts de tous les records...

B.V.

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Serena Williams n'y arrive pas
Serena Williams n'y arrive pas — SIPA

Sur le podium, pas de larmes ni d’amertume. Serena offre au public new-yorkais le sourire poli de la vaincue belle joueuse, dont on a du mal à savoir ce qu’il signifie vraiment. « Je suis d’abord une mère à plein temps, expliquait-elle avant cette finale de l’US Open, perdue face à la jeune Bianca Andreescu. C’est ce qui est le plus important pour moi. Alors oui, je m’entraîne et ensuite je fonce à la maison. » En face d’elle, la Canadienne de 20 ans, qui fête son premier succès majeur, ne sait pas où se mettre. « Je suis désolé, je sais que vous auriez tous rêvé que Serena l’emporte aujourd’hui… »

L’histoire aurait été belle. Après trois échecs en finale de Grand Chelem, Serena Williams aurait pu remporter dans son jardin de l’US Open son 24e Grand Chelem, le premier depuis la naissance de sa fille il y a bientôt deux ans, celui qui lui aurait permis d’égaler Margaret Court comme athlète la plus accomplie de l’histoire du tennis. Mais tout ça va attendre encore un peu.

Un blocage ?

« Je ne chasse pas forcément les records, nuançait-elle après sa défaite. J’essaie de remporter des titres du Grand Chelem. Je suis si près, si près, si près, et en même temps si loin ! Alors c’est frustrant, mais finalement, je suis toujours là et je continue de faire de mon mieux. » A 38 ans et après avoir donné naissance à un enfant, l’exploit est déjà insensé et mérite d’être reconnu. C’est aussi pour ça que le monde entier poussait derrière elle, samedi soir. Le poids de l’histoire était-il un peu trop lourd pour Serena Williams ? Pas impossible. Deux double fautes sur son premier jeu de service, une autre pour offrir le premier set à son adversaire, des loupés inhabituels…

« Je me disais : "c’est horrible, tu dois mieux jouer, tu dois vraiment mieux faire", analyse-t-elle. Jusqu’à aujourd’hui j’avais très bien servi toute la quinzaine. J’avais dû perdre mon service deux fois peut être. Et aujourd’hui je n’ai pas mis un premier service dans le court… Bianca a superbement joué, elle a mis énormément de pression sur mes services, mais en même temps je me dis qu’il est inexcusable pour moi de jouer aussi mal. […] Il y a tellement de choses que j’aurais pu faire un peu mieux. »

Serena, qui a laminé mentalement ses adversaires pendant 20 ans, est-elle victime à son tour d’un blocage psychologique ? « Je pense que j’aurais pu être plus Serena, admet-elle à demi-mot. Serena n’était pas là aujourd’hui. Il faut que je trouve comment la faire revenir en finale de Grand Chelem… ». L’histoire ne sera pas terminée avant, vous pouvez lui faire confiance.