Boxe : « Pourquoi ne pas ramener un deuxième titre de champion du monde ? », lance Sofiane Oumiha

INTERVIEW Déjà titré en 2017, Sofiane Oumiha vise un deuxième sacre mondial en boxe amateurs en Russie. Un an avant les JO de Tokyo, où il rêve d’or

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Sofiane Oumiha, le boxeur toulousain.
Sofiane Oumiha, le boxeur toulousain. — Roman Vondrous / AP / Sipa
  • Sofiane Oumiha va disputer les championnats du monde de boxe amateurs, qui débutent samedi à Ekaterinbourg, deux avant après avoir été titré en Allemagne.
  • Le Toulousain a changé de catégorie, pour passer des -60 kg aux -63 kg.
  • Sa grande ambition : devenir champion olympique en 2020 à Tokyo, quatre ans après l’argent de Rio.

Arbitrage erratique, affaires de corruption… Empêtrée dans ses problèmes de gouvernance, la boxe a malgré tout réussi à sauver sa place dans le programme olympique lors de la dernière session du CIO, fin juin à Lausanne. Sofiane Oumiha pourra donc viser le plus beau des titres l’an prochain à Tokyo, quatre ans après l’argent de Rio.

Mais auparavant, le Toulousain de 24 ans va tenter de conserver son titre de champion du monde amateurs à Ekaterinbourg, en Russie (de samedi au 21 septembre). L’ancien poids léger, titré en 2017 chez les moins de 60 kg, combat désormais en moins de 63 kg (super-légers). Un peu plus de deux mois après la déception de la finale perdue aux Jeux Européens de Minsk, en Biélorussie, Oumiha assure être « passé à autre chose ».

Comment envisagez-vous ces championnats du monde ?

C’est l’un de mes objectifs de l’année, à un an des Jeux. Je combats dans une nouvelle catégorie et j’ai dû prendre un peu de masse, même si au final ça n’a pas changé grand-chose. Mais pourquoi ne pas ramener un deuxième titre de champion du monde ?

Le but principal, cela reste le titre olympique l’an prochain…

L’objectif, dans un premier temps, ce sont les qualifications olympiques [deux tournois sont programmés, en mars 2020 à Londres puis en mai 2020, sans doute à Paris]. Mais effectivement, si j’ai fait le choix de rester en boxe olympique, c’est aussi pour décrocher cette médaille d’or à Tokyo.

Justement, les autres médaillés français à Rio (dont Tony Yoka et Estelle Mossely) sont passés professionnels après les Jeux. Est-ce un regret de ne pas les avoir imités ?

Non, c’est une décision réfléchie. C’est pour cela que j’ai laissé « couler » du temps après les JO. Et après les championnats du monde (en 2017), j’ai pris cette décision.

Comment se porte le « Boxoum », le club que vous avez créé dans le quartier Papus voici un an ?

C’est top ! Cela prend un peu plus d’ampleur chaque jour. Nous sommes plus de 150 licenciés. C’est satisfaisant à titre personnel.

Quelques mois après les JO de Rio, vous expliquiez ne pas avoir de source de revenus. Où en êtes-vous sur ce point ?

Je n’ai plus de problème à ce niveau, grâce à des partenaires privés. Je réussis à me débrouiller et je suis dans les meilleures conditions pour ma quête olympique. Je peux me concentrer entièrement sur la boxe.

Passerez-vous professionnel après les Jeux de Tokyo ?

Je ne sais pas encore, mais je pense que oui.