Mondial 2019 de basket: « On n’est pas là en touristes », assure Nicolas Batum avant le début de la Coupe du monde en Chine

INTERVIEW Après la retraite de Boris Diaw, Nicolas Batum sera l'un des leaders des Bleus lors du Mondial en Chine 

Propos recueillis par Aymeric Le Gall

— 

Nicolas Batum sera l'un des leaders des Bleus lors du Mondial en Chine.
Nicolas Batum sera l'un des leaders des Bleus lors du Mondial en Chine. — Andrej ISAKOVIC / AFP

Deux ans après leur piètre performance lors de l’Euro 2017 avec une élimination dès les huitièmes de finale, les joueurs de l’équipe de France de basket  débutent ce dimanche contre l’Allemagne leur Coupe du monde en Chine (31 août-15 septembre). Orphelins du néo-retraité Boris Diaw et privés de Thomas Heurtel et Adrien Moerman (tous deux blessés et forfaits de dernière minute), les Bleus entament un nouveau chapitre de leur histoire. Nicolas Batum s’est confié à 20 Minutes pour faire un bilan de la préparation tricolore.

Vous n’avez pas été gâté avec les blessures et les forfaits successifs de Thomas Heurtel et d’Adrien Moerman. Comment le groupe a-t-il vécu ça ?

C’est jamais marrant de perdre des potes sur blessures, encore plus quand on parle de deux joueurs qui faisaient partie du cinq de départ, des mecs d’expérience qui ont connu des gros matchs et qui ont du métier. Ça a vraiment été dur de perdre ces deux mecs qui sont avant tout des amis et qui étaient super motivés. Je suis triste pour eux mais on doit continuer à avancer, on a d’autres joueurs qui ont le talent pour compenser ces absences et faire de grandes choses. Mais une chose est sûre : on va beaucoup penser à eux et on va donner le maximum.

Vous affichez un bilan de quatre victoires en cinq matchs de préparation [l’entretien a eu lieu avant la défaite contre la Turquie]. Est-ce que vous avez senti une vraie montée en puissance ?

Oui, on est a essayé de hausser le rythme et le niveau à chaque match. C’est une équipe jeune, une nouvelle équipe, on essaye donc surtout de se découvrir au fil du temps. Le but c’est de créer un collectif, de se bâtir une défense solide, il nous reste encore quelques jours pour peaufiner tout ça. On a montré qu’on avait un beau potentiel mais on est encore loin de tout ce qu’on veut accomplir collectivement, ça c’est une certitude.

L’absence de Boris Diaw, qui a pris sa retraite un an après Tony Parker, a-t-elle laissé un grand vide dans cette équipe ?

C’est évident. Mais on ne va pas vivre dans le passé, il y a une génération qui est passée, qui a fait de grandes choses et avec laquelle j’ai eu la chance d’évoluer. Maintenant il ne faut pas être nostalgique de tout ça, ça ne sert à rien, et il faut passer à autre chose. Il y a de nouveaux joueurs qui arrivent, qui ont de la qualité, qui ont faim et qui ont envie de faire de belles choses ensemble. Boris (Diaw), Tony (Parker), Flo (Piétrus), Mike (Gelabale) vont nous manquer mais charge aux jeunes désormais d’écrire leur propre histoire.

Ce n’est pas forcément évident pourtant de créer une osmose collective en si peu de temps...

De toute façon c’est inévitable. La génération d’avant a aussi dû passer par là. On est des joueurs intelligents, on sait jouer au basket, je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas. Surtout que si on a le même but commun, ça va être plus facile. Tout est une question d’état d’esprit et de ce que je vois jusqu’ici je ne suis pas inquiet.

Comment sentez-vous ce groupe dans la vie de tous les jours ?

On vit bien ensemble, il y a une bonne ambiance dans le groupe, je sens vraiment une bonne cohésion. Sur le terrain il faut qu’on continue à travailler pour apprendre à mieux se connaître, mais en dehors tout va bien.

Vincent Collet a beaucoup axé la préparation sur le travail défensif. C’est en partie ce qui a manqué à l’équipe de France ces dernières années pour obtenir des résultats ?

Oui c’est ce que je dis depuis un moment déjà : la cohésion collective en défense va être primordiale, surtout avec un groupe jeune. C’est comme ça qu’on a pu obtenir de grands résultats par le passé, à nous de retrouver ça lors de cette Coupe du monde.

Après trois ans d’absence, le retour de Rudy Gobert doit faire du bien en ce sens...

Entre autres, oui. On peut aussi noter l’ajout de Vincent Poirier qui est très, très bon. Sans oublier Frank Ntilikina qui est costaud à son poste en défense ou encore Amath M’Baye et Louis Labeyrie. Il y a plein de joueurs qui peuvent faire de grandes choses défensivement. A nous maintenant de bien coordonner tout ça et de former un vrai collectif.

Comment jugez-vous l’évolution de Gobert depuis sa dernière apparition en bleu ?

Il est meilleur qu’en 2014, ça c’est clair. Pour le reste, Rudy a la même mentalité, il a les mêmes objectifs, à savoir décrocher une médaille. Mais c’est clair qu’il a changé de statut au niveau mondial.

Quels sont vos objectifs à quelques jours du début de la compétition ?

Le but c’est déjà de réaliser des bons premier et deuxième tours. On doit juste rester concentré, on n’est pas là en touristes. A nous de nous mettre dans les meilleures conditions pour arriver en quart de finale et assurer ensuite le ticket pour les JO de Tokyo [Pour cela, la France doit figurer parmi les deux meilleures nations européennes lors de ce Mondial, sous peine de passer par un tournoi de qualification].