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Bertrand Layec: «Le football français a de la fièvre»

Bertrand Layec: «Le football français a de la fièvre»

INTERVIEWL'arbitre international français ne supporte plus les doutes émis sur sa corporation...
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

Depuis le début de la saison, les décisions des arbitres sont régulièrement critiquées en marge des rencontres de Ligue1. Bertand Layec, qui officie chaque week-end sur les pelouses de l’élite, n'accepte plus le discrédit jeté sur sa corporation...


Vous venez de publier un communiqué pour défendre votre corporation. C’est l’expression d’un ras-le-bol?

C’est exactement ça. On en a ras-le-bol des propos qu’on a entendu ces dernières semaines et surtout de toutes ces suspicions. C’est inacceptable. Il faut une prise de conscience. Nous sommes les thermomètres de la Ligue 1 et là, la température normale a été dépassée. Le football français a de la fièvre.


Qui visez-vous en particulier?

Des gens identifiés qui attaquent l’arbitrage. On ne peut plus accepter que des présidents de clubs se donnent un pouvoir qu’ils n’ont pas. Il ne faudrait pas qu’ils gangrènent l’atmosphère. On ne peut pas non plus accepter que la LFP nous mette la pression. En publiant des notes datant de la saison passée, certains veulent attaquer les arbitres. Pour nous ces notes n’ont aucune valeur dans la mesure où elles n’ont pas été validées par notre DNA (direction nationale de l’arbitrage). Tout ça, on ne pourra pas le supporter longtemps.

Vous reconnaissez quand même que les erreurs se sont multipliées ces dernières semaines?

Oui, bien entendu. Mais il y en aura toujours des erreurs. Après on peut les expliquer. On y est préparé. Ce qu’on n’accepte pas, c’est qu’on remette en question notre intégrité morale. Sur l’aspect sportif, oui, on peut commettre des erreurs et on est ouverts au dialogue. Mais on ne peut pas remettre en cause notre honnêteté. Ca nous blesse.

Certains arbitres vont même plus loin en présentant leurs excuses. C’est la bonne démarche?

Il faut trouver la limite. L’autorité ne doit pas s’excuser mais expliquer. L’arbitrage, c’est 90% d’interprétation personnelle. Il n’y a pas d’excuse à avoir. On peut avoir des regrets quand on a mal appliqué la loi du jeu. Mais il ne faut pas tomber dans l’excuse permanente.


En tant qu’arbitres, vous vous sentez délaissés face aux attaques?

Délaissés, non. On a reçu des soutiens de poids, comme celui de Gérard Houiller en début de saison. Et puis on est très solidaires. On est tous derrière notre DNA.

Pensez-vous que l'arbitrage français est menacé?

Si on continue à montrer du doigt les arbitres français, il ne faudra pas s’étonner qu'on ait du mal à être représenté au plus haut niveau. Ensuite, au niveau amateur, on détruit l’image de l’arbitre du dimanche après-midi. On détruit la formation, le perfectionnement, la détection… Tout ce que la fédération essaye de développer. Et on gaspille de l‘argent.