Fichage ethnique au PSG: Le club écope d'une amende, mais n'est pas encore tiré d'affaire

FOOTBALL Le club parisien est toujours sous le coup d’une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Paris il y a deux mois, notamment pour des soupçons de « discrimination fondée sur l’origine, l’ethnie ou la nationalité »…

20 Minutes avec AFP

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Selon le PSG, le fichage ethnique n'a pas conduit à des cas de discriminations.
Selon le PSG, le fichage ethnique n'a pas conduit à des cas de discriminations. — FRANCK FIFE / AFP

Après la tempête médiatique, les premières sanctions : le PSG a écopé d’une amende ferme de 100.000 euros dans l’affaire du fichage ethnique, révélée par les « Football Leaks », a annoncé la commission de discipline de la Ligue (LFP) mardi.

L’ex-responsable de la cellule nationale de recrutement du centre de formation du PSG Marc Westerloppe, et celui de la cellule Ile-de-France Pierre Reynaud, ont écopé chacun d’une amende de 5.000 euros avec sursis. Bertrand Reuzeau, directeur du centre de formation du PSG entre 2013 et 2015, s’est vu infliger une amende de 10.000 euros avec sursis.

« Au vu des éléments portés à notre connaissance, il est acquis que le PSG n’a pas fait usage de ces fiches à des fins discriminatoires. Il n’y a aucun fait de discrimination qui a pu être relevé », a annoncé Sébastien Deneux, le président de la commission de discipline de la LFP, lors d’un point-presse. « Ces éléments nous sont apparus comme des maladresses individuelles et ressortent d’une négligence collective », a-t-il ajouté.

« Négligence globale »

L’ancien directeur sportif adjoint Olivier Létang et le directeur général délégué Jean-Claude Blanc, qui ont également été auditionnés pendant près d’une heure par l’instance disciplinaire du foot pro français, n’ont pas été sanctionnés.

« Ce qui a été sanctionné, c’est l’usage par ceux qui avaient quotidiennement utilisé ces fiches donc les responsables du centre de formation et les recruteurs », a expliqué Sébastien Deneux. « Pour autant, en leur qualité de directeurs, ils ont fait peut-être preuve d’une négligence globale sur leur méthode de travail et de fonctionnement du club. »

« Français », « Maghrébin », « Antillais », « Africain »

Malgré l’amende infligée sur le volet éthique et sportif, le club parisien n’en a toutefois pas fini avec la justice et reste sous la menace de sanctions plus lourdes. Le PSG est sous le coup d’une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Paris il y a deux mois, notamment pour des soupçons de « discrimination fondée sur l’origine, l’ethnie ou la nationalité ».

Le 8 novembre, un collectif de médias européens, dont Mediapart et Envoyé Spécial en France, a révélé que de 2013 au printemps 2018, la cellule de recrutement du PSG avait mentionné des critères ethniques dans ses fiches d’évaluation de jeunes joueurs, classés comme « Français », « Maghrébin », « Antillais », « Africain ». Après ces révélations, la Ligue des droits de l’homme (LDH) a porté plainte contre X pour « discrimination » et pour « collecte et traitement de données à caractère personnel faisant apparaître les origines raciales ou ethniques ».

Le PSG a plaidé pour sa défense que le fichage ethnique en son sein avait été le fruit d’une « initiative personnelle du responsable » de la « cellule de recrutement du centre de formation, dédiée aux territoires hors Ile-de-France », dirigée à l’époque par Marc Westerloppe, parti début 2018 au Stade rennais, où Létang est aujourd’hui président. Mais L’Equipe a produit un document selon lequel des critères ethniques apparaissaient aussi sur des fiches de la cellule Ile-de-France.