Internet censuré pour les Chinois et pour les journalistes: tour d'horizon des sites interdits et des commentaires d'internautes
DROITS DE L'HOMME•Pendant les JO, certains sites seront inaccessibles depuis la Chine...Avec agence
Pékin vacensurer l'internet utilisé par les médias pendant toute la durée des JO. Avec cette annonce, le comité d'organisation est revenu sur une promesse de leur laisser une liberté totale pendant les Jeux. Après les déboires de la flamme, l'urbanisme sauvage, l'omniprésence de l'armée et de la police, voilà un nouveau comportement dictatorial qui entache l'image des Jeux. Journalistes, politiques, sponsors, CIO, simples téléspectateurs, quel comportement adopté face à ce comportement du pays organisateur? Vous donnez votre avis en masse dans les commentaires de cet article.
Globalement, les internautes de 20minutes.fr pensent comme ca_va_changer: «Il faut taper là où ça fait mal: le portefeuille; et ce ne sont ni les journalistes, ni les politiques, ni les sportifs qui ont la main, c'est nous. Ce n'est pourtant pas un effort si "démesuré" que de ne pas consommer de JO pendant un mois! Vous verrez bien qu'au bout de 10 à 15 jours, des annonceurs associés aux JO avec des ventes en berne n'hésiteront pas longtemps avec leur pognon!» Gedeon84 lance même avec humour, «pendant les JO, plutôt que de faire du sport devant la télé, je vais pratiquer des exercices physiques, cela me fera le plus grand bien,tant au niveau du corps que de l'esprit».
Bloupi, lui, estime tout de même que les athlètes peuvent faire quelque chose: «Je vous en prie sportifs français, participez, mais portez ostensiblement un signe de protestation au régime chinois.»
Leung s'exprime ainsi: «Pour ceux qui comptent éteindre leur téléviseur lors des J.O., je rappelle qu'en raison du décalage horaire, les épreuves auront lieu de 3h à 18h heure française. Donc, certains seront en train de dormir, d'autres seront au travail ou à la plage. Je pense que les télés seront éteintes en raison de l'horaire plutôt qu'en signe de protestation.»
Quant à Liberté en Chine, il dit: «Les sportifs ne peuvent pas boycotter parce qu'ils font du sport, pas de la politique. Les journalistes ne peuvent pas boycotter parce qu'ils ont un "devoir de journaliste". Les politiques ne peuvent pas boycotter parce qu'ils doivent faire de la "real politic". En revanche, vous citoyens, vous n'êtes pas obligés de vous cacher derrière de fausses excuses. Boycottez à votre échelle: 0 audience à la télé pour la cérémonie d'ouverture, 0 audience pour les retransmissions, n'achetez pas les journaux et n'écoutez que des radios musicales pendant un mois, refusez d'acheter tout produit vendu en supermarché avec une mention au JO (les grandes marques de nourriture verront tout de suite l'impact sur leurs ventes de s'être associés à cette honte).»
Et Newyork911 d'ajouter, «puisque les journalistes des pays civilisés ne peuvent pas exercer leur travail correctement, qu'ils rentrent chez eux, ainsi, les Chinois n'atteindront pas leur objectif qui est de faire de ces Jeux une vitrine de leur modèle économique et social».
Toutes les infos sur les JO, c’est dans le journal des JO
«Pendant les jeux Olympiques, nous fournirons un accès à Internet suffisant pour les journalistes», a indiqué Sun Weide, porte-parole du comité d'organisation des JO. Une notion toute relative lorsqu’on sait que les internautes chinois n’ont accès qu’à un version très allégée d’Internet sur une toile étroitement contrôlée.
Des sites censurés
Sun Weide a d’ailleurs confirmé que les journalistes n'auraient pas accès à des pages ou des sites contenant des informations sur le mouvement spirituel Falungong, qui est interdit en Chine. Il a également indiqué que d'autres sites ne seraient pas accessibles à la presse, sans préciser lesquels.
Le blog de notre correspondante en Chine
Mercredi matin des journalistes de l'AFP ont testé leur accès internet dans la principale salle de presse des JO. Premier bilan: les sites des dissidents sont automatiquement censurés, comme Boxun.com ou Faluninfo.net du mouvement d'inspiration bouddhiste Falungong, interdit en Chine depuis 1999. Les sites de Radio Free Asia et de Deutsche Welle, la radio allemande diffusant pour l'étranger, dans toutes les langues, se trouvent également dans le viseur des autorités chinoises, tout comme celui en chinois de la BBC. Les autres victimes de la censure chinoise sont les organisations de défense des droits de l'Homme, comme Amnesty International ou Reporters sans frontières, qui exhibent actuellement sur sa page d'accueil les anneaux olympiques en forme de menottes.
Il est possible d'accéder à l'encyclopédie en ligne Wikipedia et de se rendre sur la page consacrée à la place Tiananmen. Mais toute tentative d'aller sur les passages concernant le massacre de 1989 et la répression des manifestations étudiantes se solde par un échec.
La même expérience peut être tentée avec Youtube, le site de partages de vidéo. La page d'accueil est disponible sans problème, ce qui n'est pas le cas d'une courte intervention du fondateur de Boxun.com, Watson Meng, enregistrée à Paris en mai dernier, dans laquelle il témoigne des attaques quotidiennes de "hackers" contre son site. Idem pour le site du gouvernement tibétain en exil (www.tibet.com).
«Je vais parler aux autorités chinoises pour évoquer ces restrictions et voir quelle est leur réaction», a indiqué à l'AFP Kervan Gosper, un haut responsable du CIO.
Les hôtels surveillés
L’anxiété monte dans les délégations. «Le gouvernement chinois a mis en place un système pour espionner et rassembler des informations sur chacun des invités dans les hôtels pendant les Jeux olympiques», a ainsi déclaré, Sam Brownback, un sénateur républicain du Kansas (centre). Il affirme que «plusieurs chaînes internationales d'hôtels» ont confirmé avoir reçu des consignes pour installer des logiciels destinés à surveiller l'activité sur la toile.
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