La Grèce peut-elle le refaire?
EURO – Une nouvelle surprise…Romain Scotto
Pour les Champions d’Europe en titre, l’objectif est de prouver que le triomphe de 2004 n’était pas forcément un accident…
Dans les grandes compétitions, il est rare de ne pas placer le champion sortant parmi les vainqueurs potentiels. Mais comme en 2004, la Grèce n’est pas la première citée au rang des favoris. Toujours conduite par l’Allemand Otto Rehhagel, elle fut pourtant l’une des premières équipes qualifiées, en octobre dernier, après une victoire historique à Istanbul face au rival turc (1-0). Avec 31 points récoltés en 12 matches de qualification, elle présente même le meilleur bilan comptable à la veille de la compétition.
La Grèce version 2008 est-elle aussi forte qu’il y a quatre ans? A en croire l’ailier de Bolton, Stelios Giannakopoulos, le bleu et blanc sera encore très tendance cet été en Suisse et en Autriche, avec «une équipe plus compétitive que jamais». Du moins plus qu’il y a deux ans. Lors de la campagne de qualification pour le mondial allemand, la sélection grecque s’était faite rappeler à l’ordre, en terminant à la quatrième place de son groupe. Indigne d’un champion d’Europe en titre. A croire que cette équipe n’est compétitive que pour l’Euro.
Un lourd héritage à assumer
Pour prouver que le triomphe de 2004 n’avait rien d’un accident, les Grecs s’appuient sur le schéma qui a fait leur force il y a quatre ans. Une solide cohésion défensive, des milieux très repliés et trident offensif porté par deux ailiers perforateurs. L’équipe du «roi Otto» ayant bâti sa réputation sur son collectif soudé plus que sur ses individualités.
Dans son onze type, le sélectionneur allemand a conservé six des héros de 2004, parmi lesquels Dellas et Karagounis. Seul joueur emblématique à avoir rangé les crampons, l’ex-capitaine et meilleur joueur de l’Euro portugais, Theodoros Zagorakis. D’autres, à l’image du buteur Theofanis Gekas et du défenseur Vasilis Torosidis, ont depuis pris leurs habitudes au sein de la sélection.
A eux désormais d’assumer l’héritage de leurs prédécesseurs. A première vue, les hommes de Rehhagel font partie d’un groupe à leur portée, avec l’Espagne, la Russie et la Suède. Une qualification pour les quarts ne serait plus considérée comme un exploit pour une équipe qui a conservé tous ses atouts de 2004. Sauf, peut-être, son statut d’équipe surprise.
Le scénario rêvé: comme en 2004, les Grecs surprennent les Français en quarts de finale (1-0, but contre son camp de Thuram), et retrouvent en demies leur rival historique, la Turquie. Grâce à un triplé de Gekas, le match tourne à la démonstration. Pour les supporters grecs, l’Euro est déjà réussi. Peu importe le résultat de la finale face à l’Italie.
Le scénario cauchemar: le statut de champion sortant est beaucoup trop lourd à assumer. Pour la première fois, les Grecs jouent avec la pression. Incapables d’inscrire le moindre but, ils quittent le tournoi sans gloire dès le premier tour. Six joueurs annoncent leur retraite internationale et Otto Rehhagel est remercié.


















