Coupe du monde 2018: «La meilleure équipe a gagné», les Croates magnanimes sur l’arbitrage

FOOTBALL Les joueurs croates n’ont pas eu la défaite trop amère malgré des faits de jeu dans l’ensemble défavorables…

Julien Laloye

— 

Luka Modric consolé par Gianni Infantino, le 15 juillet 2018 à Moscou.
Luka Modric consolé par Gianni Infantino, le 15 juillet 2018 à Moscou. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Moscou,

La France et la VAR, une autre histoire d’amour qu’on ramènera de Russie. Comme face à l’Australie en ouverture, l’assistance vidéo a rendu un fier service à des Bleus qui galéraient comme pas permis en fin de première mi-temps de la finale contre des Croates largement supérieurs au duel. Déjà, le contact sur le premier coup-franc transformé par Griezmann avec l’aide involontaire de Mandzukic n’était pas bien clair. La main de Perisic, sur un nouveau coup de pied arrêté du Français, l’était beaucoup plus, mais c’est toujours la même histoire.

Un penalty discutable

Elle n’était pas vraiment volontaire et le buteur croate n’a pas eu le temps de l’enlever alors qu’il était au marquage de Matuidi. C’était du 50/50.La pièce est retombée du bon côté, et cela ressemblait à un tournant définitif dans cette finale. « En fait, quand l’arbitre est allé voir la vidéo, je ne savais pas pourquoi, j’ai demandé à Olive (Giroud), et il m’a dit qu’il y avait main, nous a expliqué Griezmann. J’ai essayé d’être dans mon coin, un peu seul, et quand il a sifflé penalty, de faire comme si c’était un match de championnat et prendre mon calme et mon sang-froid ». Un joli contre-pied sur Subasic.

Reconnaissons aux Croates un fair-play remarquable sur le sujet, à l’image du gardien croate de l’As Monaco, justement. « Je n’ai pas envie de parler de l’arbitrage, je voulais féliciter la France qui a remporté une belle victoire. C’est comme ça le foot. L’arbitre il peut siffler penalty, il peut ne pas le siffler, c’est comme ça. Il y a le VAR, l’arbitre a vérifié, tu peux rien dire, bravo à la France ». Son sélectionneur Zlatko Dalic, qui va enfin pouvoir se laver les cheveux [il ne l’avait pas fait depuis le début de la compétition par superstition], s’est montré un poil plus virulent, mais sans en faire des caisses non plus.

« Tout ce que je peux dire, c’est que dans une finale de Coupe du monde, on n’accorde pas ce genre de penalty, mais ça ne minimise pas la victoire de la France. On avait plutôt eu de la chance lors des six premiers matches, peut-être qu’on en a un peu manqué aujourd’hui. Je dois féliciter mes joueurs, on a probablement fait ce soir le meilleur match lors de ce Mondial, mais face à une équipe aussi forte que la France, on ne doit pas faire d’erreur. On est un peu tristes mais aussi fiers ».

Avis partagé de notre côté. Pour avoir beaucoup regardé la Croatie depuis le début du Mondial, jamais cette équipe, parfois économe de ses efforts et diminuée physiquement par l’enchaînement des efforts, n’avait commencé un match avec une telle intensité. La première heure a globalement été un supplice pour les Français, au point que Deschamps a dû se résoudre à sortir N’Golo Kanté, paumé comme jamais sous le maillot bleu.

Suker salue le match des Bleus

Mais l’essence a fini par manquer, logiquement, et la bourde de Lloris a quelque part rendu service à tout le monde. La Croatie ne méritait pas de finir sur une humiliation qu’on voyait arriver lancée comme Mbappé à 4-1 et encore 25 minutes à jouer. « On peut être fiers de notre équipe, se félicitait l’ancien buteur de 98 Davor Suker, désormais président de la fédération : « Je crois que beaucoup de gens ont aimé ce qu’a proposé la Croatie. On a montré que ce qui comptait, c’était une équipe unie, un jeu qui te permette de rêver. Il faut dire bravo à la France. Je ne vais pas me plaindre, on a eu des occasions à 2-1, ça ne l’a pas fait. Les Français ont été très forts, je pense que la meilleure équipe a gagné ». Ça n’a pas sauté aux yeux pendant une heure, mais franchement, qui s’en soucie maintenant, de Moscou aux Champs-Elysées ? Un indice : pas nous.