Le match Israël-Argentine annulé après des menaces de morts contre Messi

FOOTPOL La rencontre, qui devait se dérouler à Jérusalem, suscitait de vives tensions...

20 Minutes avec AFP

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Cette pancarte à Hébron, en Cisjordanie, appelait l'Argentine et Messi à ne pas disputer le match amical face à Israël à Jérusalem.
Cette pancarte à Hébron, en Cisjordanie, appelait l'Argentine et Messi à ne pas disputer le match amical face à Israël à Jérusalem. — HAZEM BADER / AFP

Au Proche-Orient, même le foot est politique. Le match amical Israël-Argentine, prévu samedi à Jérusalem, a été annulé, a annoncé mardi l’ambassade d’Israël en Argentine, donnant comme motif des menaces contre le capitaine argentin Lionel Messi. Les Palestiniens avaient dénoncé la tenue de cette rencontre dans la ville sainte, alors que les tensions à Gaza ont été exacerbées par l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem.

« L’ambassade d’Israël communique avec regret la suspension du match entre les sélections d’Israël et d’Argentine », déplorant « les menaces et provocations dirigées contre Lionel Messi, qui ont logiquement suscité la crainte de ses pairs ».

« Finalement, nous avons pu faire ce qu’il convenait. D’abord la santé et le sens commun. Nous croyons que le mieux était de ne pas y aller », avait déclaré un peu plus tôt l’attaquant Gonzalo Higuain.

Les Argentins ne voulaient pas jouer

« D’après ce que je sais, les joueurs de la sélection ne souhaiteraient pas jouer le match », avait déclaré le ministre argentin des Affaires étrangères Jorge Faurie, interrogé à Washington en marge d’une réunion de l’Organisation des Etats américains (OEA). « Même le sélectionneur a demandé qu’il n’y ait pas d’autre rencontre et que la sélection se concentre sur le premier match en Russie, le 16 juin », a-t-il ajouté en référence à Jorge Sampaoli, opposé depuis le premier instant à cette rencontre.

Pour le ministre, « la campagne qui est devenue virale dans les médias, de menaces aux joueurs, de maillots avec du sang, des menaces à des proches » a également pesé dans la balance. Mardi, le président de la Fédération palestinienne de football, Jibril Rajoub, avait demandé à Lionel Messi de ne pas participer au match, appelant à « brûler » ses maillots s’il jouait.

L’Argentine devait toucher un gros chèque

La polémique avait enflé mardi, après que des opposants à la rencontre ont brandi des maillots argentins tachés de sang, en marge d’un entraînement de la sélection à Barcelone. « Messi, ne joue pas », ont crié des manifestants au bord du terrain d’entraînement.

D’après la presse argentine, la fédération argentine devait recevoir, en fonction de la participation de Messi, un cachet de 2 à 3 millions de dollars pour l’escale à Jérusalem, sur le chemin de Moscou.

Il s’agissait du dernier match de préparation de l’Argentine, dont Messi est le capitaine, avant la Coupe du monde en Russie, que l’albiceleste débutera contre l’Islande le 16 juin, dans le groupe D.