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L'appel au boycott des produits français commence à se faire sentir

L'appel au boycott des produits français commence à se faire sentir

CHINEDes supermarchés qui se vident, des évènements culturels annulés...
De notre correspondante à Shanghai, Caroline Dijkhuis

De notre correspondante à Shanghai, Caroline Dijkhuis

Les premières conséquences économiques réelles de la montée du sentiment anti-français en Chine commencent à se mesurer. Ici à Shanghai, Carrefour, qui a été directement attaqué par un appel au boycott d’abord lancé sur quelques sites Internet locaux puis largement médiatisé internationalement, accuse une baisse de fréquentation de 25%, selon nos informations. Sachant que dans la grande distribution, fréquentation et chiffre d’affaires sont intimement liés, c’est une conséquence à court terme importante.


Dans la galerie marchande des hypermarchés, une enseigne a vu elle le nombre de clients entrer dans ses boutiques chuter de 50%. Ou encore une société de relations publiques de Shanghai explique qu’un très gros compte français a pour l’instant gelé un événement pour ne pas mettre de l’huile sur le feu.


Dans le centre du pays, ce sont des spectacles du Festival croisement, organisé notamment par la France, qui ont dû être annulés, le sentiment anti-français étant plus fort dans les provinces, loin de Shanghai et Pékin.


Le «coup de poignard de Delanoë»


«Ce genre de projets ont été reportés, pas annulés», souligne Patrick Delpy, conseiller au commerce extérieur à Shanghai. Certains entrepreneurs français à Shanghai dénoncent le «coup de poignard dans le dos de Delanoë». A la mission économique de Shanghai, on pense que ce sont les médias français qui ont fait monter la mayonnaise autour du boycott de Carrefour et créé artificiellement ce retour de flamme.


«Certaines sociétés françaises n’ont pas encore eu à souffrir de conséquences négatives, explique aussi Patrick Delpy. Simplement car elles sont intégrées dans le paysage économique chinois, on n’a pas tous le drapeau français qui flotte sur nos entreprises.» Le sociologue Jean-Louis Rocca minore aussi l’effet du boycott à long terme, rappelant que celui contre les produits japonais en 2005 n’avait pas fonctionné. Le gouvernement chinois, lui, a attendu dix jours pour dénoncer publiquement l’appel au boycott de Carrefour, après avoir refusé de le commenter à plusieurs reprises.


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Rumeurs
Les hoaxs se sont multipliés sur la toile chinoise, exagérant les bruits et le sentiment anti-français en Chine. Dernier exemple en date, l’histoire de ce bénévole américain, qu’on a dit lundi battu violemment par une foule en furie à la sortie d’un Carrefour dans le Hunan… et qui vient d’écrire à plusieurs médias pour protester contre cette version des faits.