Le torchon brûle entre le CIO et Pékin

Avec agence

— 

Le Comité international olympique, pris dans la tourmente après les violences qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique, a rappelé jeudi à la Chine ses promesses d'améliorer les droits de l'Homme avant les Jeux, s'attirant une réplique immédiate de Pékin
Le Comité international olympique, pris dans la tourmente après les violences qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique, a rappelé jeudi à la Chine ses promesses d'améliorer les droits de l'Homme avant les Jeux, s'attirant une réplique immédiate de Pékin — Liu Jin AFP

Poussé par la rue, le Comité international olympique a retrouvé la mémoire. Jusque-là davantage attentif aux susceptibilités chinoises, son président, Jacques Rogge s’est rappelé quelques souvenirs devant les représentants des 205 comités olympiques nationaux réunis à … Pékin. «Avant l'attribution, les représentants (chinois) ont dit et je les cite de mémoire, “accorder les Jeux à la Chine ferait avancer la question sociale, notamment les Droits de l'homme”. Nous demandons absolument à la Chine de respecter cet engagement moral.»

Ces mots surgis du passé n’ont pas beaucoup plu aux autorités chinoises. Par la voix d'une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu, la réplique n’a pas tardé: «Je crois que les responsables du CIO adhèrent à la charte olympique (stipulant de) ne pas introduire de facteurs politiques hors de propos.»

Pays fermé


Sept ans après l’attribution des JO, les Chinois semblent avoir oublié leurs engagements. Comme une preuve de son amnésie, le régime a rejeté, jeudi, la demande de Louise Arbour, haut commissaire des Nations unies pour les Droits de l'homme, qui voulait se rendre au Tibet. Argument officiel: «Pas pratique à cette période.» Pékin propose une visite «à une date ultérieure qui arrangera les deux parties». Louise Arbour, ancienne juge de la Cour suprême du Canada, souhaitait juger elle-même de la situation. De France, Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, a refusé de répondre à une question sur la nature du régime chinois posée par un journaliste de France Inter.
«Il faut éviter de plaquer les analyses occidentales sur d'autres réalités», a-t-elle déclaré

Le dalaï-lama ne veut pas être le diable


Coincé au milieu de ces conflits, le dalaï-lama a réaffirmé, avant de s'envoler vers les Etats-Unis, une nouvelle fois son soutien aux JO de Pékin et appelé la Chine à ne pas le «diaboliser». En atterrissant, il ne fera que croiser la flamme olympique qui s’est envolée pour Buenos Aires.

Sécurisation du pays

A force d’entendre résonner le concept des Droits de l’homme à leurs oreilles, les autorités chinoises ont préféré communiquer, jeudi, sur la sécurisation du pays à l’approche de l’événement. Selon l’agence très officielle «Chine Nouvelle», la police aurait mis hors d’état de nuire «deux groupes terroristes» dans la région autonome du Xinjiang (nord-ouest). La police a affirmé que l’une de ses bandes prévoyait de kidnapper des athlètes, journalistes et touristes étrangers durant les Jeux olympiques de Pékin. En mars, au moment des premiers événements au Tibet, les autorités chinoises annonçaient avoir déjoué un projet d'attentat contre un avion assurant la liaison entre Urumqi, capitale de cette région autonome, et Pékin. Ces informations sont sans doute à prendre avec précaution. Les autorités chinoises utilisent le terme «terroristes» pour désigner de nombreux types d’opposants très différents.

Retrouvez notre dossier JO