Stéphane Diagana: «C'est regrettable de s'attaquer au symbole de la flamme, qui représente les valeurs positives de l'Olympisme»
FLAMME•Stéphane Diagana a été le premier relayeur de la flamme lundi. Son témoignage, exclusif pour 20minutes.fr.Recueilli par Raphaëlle Baillot
Ancien champion d'athlétisme, Stéphane Diagana a été le premier relayeur de la flamme lundi. Son témoignage, exclusif pour 20minutes.fr.
«Dès l'arrivée sur le site, j'ai senti qu'il y aurait beaucoup de tension, que les émotions que j'avais connues en 2004 en tant que porteur de flamme seraient mêlées de quelque chose d'autre. Pas de l'angoisse pour ma propre sécurité, mais pour le parcours de la flamme : irait-elle jusqu'au bout de son parcours, serait-elle stoppée?
J'ai d'abord descendu les marches de la Tour Eiffel; j'avais peur qu'elles soient glissantes mais ça a été. Ensuite, j'ai couru sur les quais, à très petites foulées, en trottinant, en m'arrêtant pour les photos. J'étais très entouré : d'abord par deux officiels de l'organisation chinoise, qui ne souriaient pas du tout et ne m'ont pas adressé la parole. Ensuite, il y avait aussi des policiers français en roller.
Cette protection est normale, car il y a toujours un certain tumulte avec les gens qui veulent te prendre en photo. Mais là, on sentait clairement une nervosité supplémentaire. A la fin, ma flamme a commencé à s'éteindre, car la cartouche de gaz était vide. A ce moment-là, il y a eu une certaine confusion: alors que je devais passer la flamme au basketteur Antoine Rigaudeau, c'est une jeune athlète qui l'a prise, je ne sais même pas qui c'était!
Après, ça a carrément été le cauchemar, encore plus compliqué. J'ai eu David Douillet au téléphone, il a vraiment été surpris qu'un officiel éteigne sa flamme avant même le passage du relais.
Tout le monde a le droit d'exprimer ses idées, quelles qu'elles soient. Je comprends ceux qui veulent voir la Chine s'ouvrir. D'ailleurs, c'est pour ça que, comme tous les athlètes porteurs de flammes, aujourd'hui, je portais un badge "pour un monde meilleur". Mais c'est regrettable de s'attaquer au symbole de la flamme, qui représente les valeurs positives de l'Olympisme.
Nous les sportifs, on porte l'idéal olympique dans l'âme, parce qu'on vit, on s'entraîne des années pour les Jeux. Même si on regrette que cet idéal ne s'étende pas vraiment à tous les domaines de la vie et reste coincé dans le petit monde du sport, on reste très attaché au symbole de la flamme. C'est pour ça que je suis partagé ce soir.



















