Troyes-Lorient: Vous vous foutez du barrage? Vous avez tort et on vous dit pourquoi

FOOTBALL On a déjà acheté les pizzas et le petit pack qui va bien…

Aymeric Le Gall

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Les Lorientais se préparent au combat.
Les Lorientais se préparent au combat. — Rue Leonard Lee/SUPERSTOCK/SIPA
  • Se farcir Troyes-Lorient et un Lorient-Troyes, ça tient du sadomasochisme mais pas que…
  • En lisant ce papier, vous saurez quel est le dernier club à être sorti vainqueur d’un barrage. De quoi vous la péter en soirée !

Alors qu’un long week-end de l’ascension va s’ouvrir pour nombre d’entre vous et que vous étiez sur le point de boucler les valises et de fermer le coffre de votre monospace direction le littoral Atlantique, on vous le dit tout net, ARRETEZ TOUT ! Pourquoi ? Mais comment ça « pourquoi » ? Ben parce qu’il y a un délicieux Lorient-Troyes en match de barrage (aller-retour, s’il vous plaît !) qui arrive à toute vitesse.

Alors OK, sur le papier, zapper deux belles soirées de week-end allongé pour se farcir un Troyes-Lorient et un Lorient-Troyes, on est tous d’accord pour dire que ça tient du sadomasochisme. Sauf que pas du tout. Et on vous explique pourquoi par A + B.

Une première depuis 1993. Le dernier barrage Ligue 1-Ligue 2 (enfin, D1-D2 pour être exact) a eu lieu, en France, au mois de mai 1993. Une éternité. A cette époque-là, ce sont les Valenciennois et les Cannois qui s’affrontaient dans une lutte sans merci entre le bien le mal, le paradis et l’enfer. A l’arrivée, ce sont les joueurs de l’AS Cannes avec Micoud à la baguette qui ont décroché le gros lot (2-0, 1-1) et expédié Valenciennes en pleine affaire OM-VA dans l’antichambre de la Première Division.

Revoir des barrages dans le championnat de France presque 25 ans après la dernière édition, c’est un peu comme si Renault nous ressortait demain une version 2.0 de la délicieuse R5 GTI. Avouez qu’on serait au moins curieux de voir ce que ça peut donner.

Les enjeux sont énormes. Allez demander aux deux présidents, Loïc Féry et  Daniel Masoni, ce que ce match veut dire pour eux et pour leur club. Vous verrez qu’on ne parle pas là d’un simple amical sans enjeux entre La Baule et Quimperlé. Que ce soit en termes d’exposition médiatique, d’attractivité (pour les futurs joueurs ou entraîneurs) ou de retombées financières, le gap est gigantesque entre la L1 ou en L2.

En effet, principale source de revenus pour les clubs, les droits télé sont au centre des préoccupations des gardiens des finances de chaque club. Que ce soit pour Lorient, qui veut sauver sa peau, ou Troyes, qui veut s’en payer une plus belle, l’enjeu de jouer ou non dans l’élite la saison prochaine est tout simplement crucial pour les deux clubs.

Stades pleins et ambiance de déglingo. On raille suffisamment comme ça les affluences faibles, voire très faibles, du championnat de France (L1 et L2 confondues), pour se plaindre ensuite quand deux rencontres entre des équipes de ce gabarit se jouent dans des enceintes pleines à craquer. Car c’est évidemment ce qui va se passer jeudi et dimanche.

S’il reste encore quelques places à vendre au Moustoir ou au stade de l’Aube (si vous êtes dans le coin, on vous conseille de jeter un œil à la billetterie), on sait d’ores et déjà que l’ambiance sera au rendez-vous.

Avec ce format de matchs couperets, en mode aller-retour entre la vie et la (petite) mort, c’est un peu la phase finale de Ligue des champions qui va s’inviter l’espace de 3 heures dans le Morbihan et dans l’Aube. Ça serait tout de même con de rater ça, non ?

Ça va jouer, ça va saigner. Encore une fois, on moque suffisamment comme ça le manque d’engagement mis par les joueurs de notre championnat pour ne pas se pourlécher les babines quand un grand spectacle à haute intensité se profile à l’horizon. Car pour les 22 acteurs qui seront présents sur le terrain (sans compter le banc, le staff, et les non retenus), c’est tout simplement leur avenir personnel qui se joue sur ces deux fois 1h30 de jeu.

Et même s’il est possible que les jambes soient tremblantes au coup d’envoi, il est tout bonnement impossible que les choses ne s’emballent pas au fil des minutes. Bref, ça va cogner, ça trembler, ça va saigner. Pas sûr que ça joue beaucoup en revanche, mais le palpitant va être bloqué en position « taquet » et rien que pour ça, ça donne envie d’être devant sa télé jeudi et dimanche.

  • Tu ne le connais pas, lui ? Pfiou… Il va tout déchirer l’année prochaine

En France, il n’a jamais été très bon d’être un fan de foot. Trop beauf, trop d’argent, trop de blablabla… Pourtant, on vous met au défi de vous rendre à un dîner de famille ou à une fiesta entre potes sans en entendre parler ne serait-ce qu’un tout petit peu. Ainsi, quand vous êtes confrontés à ce genre de situation, il est de bon ton d’étaler (discrètement, quand même, sous peine de passer pour un prétentieux donneur de leçon) sa culture footballistique. Et quoi de mieux dans ces cas-là que de parler d’un joueur talentueux mais que personne ne connaît, ou presque ?

Pour ce Troyes-Lorient, on vous conseille d’évoquer le cas d’Adama Niane. Formé à Nantes mais tenu longtemps écarté du groupe pro, ce buteur malien de 23 ans fait aujourd’hui les beaux jours de l’ESTAC. Pour faire simple, pour sa première saison en pro, l’attaquant troyen a joué 33 matchs et claqué la bagatelle de 23 buts. Pas dégueu, n’est-ce pas !

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Du coup, pour ceux qui ne connaîtraient pas (encore) l’animal, un petit coup d’œil sur ces barrages ne serait pas tout à fait inutile. Et la saison prochaine, quand il explosera en Ligue 1 (avec Troyes ou une autre équipe), vous pourrez dire à vos potes « Comment ça, tu ne connais pas Niane ? Loser… »