«Une telle réaction est unique en France»
FOOTBALL•Trente-six ultras lillois ont été placés sous surveillance après une bagarre à Nancy. Interview du lieutenant Nicolas Thieullet...Recueilli par Olivier Aballain
Trente-six ultras lillois ont été placés sous surveillance après une bagarre à Nancy. Le lieutenant Nicolas Thieullet est coordinateur départemental de la lutte contre le hooliganisme et les violences dans les clubs amateurs. Interview.
Huit supporters du Losc viennent d'être interdits de stade pour trois mois après le match Nancy-Lille (14e journée de L1), qui s'est tenu le 24 novembre. Qui sont-ils?
Ils ont été impliqués dans un fight avec des supporters «ultras» de Nancy. Ce type de combat entre supporters se développe en France, notamment à Nancy, dont les résultats sont bons cette année (2e de Ligue 1). Trente-six ultras de Lille ont répondu présent, sur un parking de McDonald's...
Quelles en ont été les conséquences?
Il n'y a eu heureusement qu'un blessé léger côté lillois et la police a interrompu la bataille. J'ai les noms des trente-six ultras du Losc, huit sont donc interdits et je convoquerai les vingt-huit autres. A part au PSG, une réaction d'une telle ampleur est inédite en France.
Y aura-t-il des suites judiciaires?
Pas pour l'instant, car dans ces bagarres, les ultras ne déposent jamais de plainte, c'est une règle entre eux. En revanche, pour la première fois en France nous allons utiliser une loi qui nous permet de prévenir ce type de regroupement.
C'est-à-dire?
Depuis juillet 2006, le code du Sport permet au ministère de l'Intérieur d'interdire tout regroupement de fait. Ces ultras ne sont membres d'aucun club de supporters, mais si le ministère accède à notre demande, ils n'auront plus le droit de se regrouper. Sous peine d'un an de prison et 15.000 euros d'amende. Le stadium de Lille doit rester l'enceinte la plus sûre de L1.


















