JO 2016: «C'est maintenant que l'on veut vous dire merci», notre lettre d'amour aux Experts

JEUX OLYMPIQUES Ils n'ont pas remporté un troisième titre olympique consécutif mais on a envie de leur crier tout notre amour...

Romain Baheux

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Nikola Karabatic, tête basse, lors de la défaite des Experts en finale des JO le 21 août 2016.
Nikola Karabatic, tête basse, lors de la défaite des Experts en finale des JO le 21 août 2016. — FRANCK FIFE / afp

De notre envoyé spécial à Rio

On vous l’avoue, on s’y était habitués. A venir à une finale les mains dans les poches, à se demander ce qu’on dégainerait de notre dictionnaire des superlatifs, à pronostiquer par avance l’écart final. C’est dans cet état d’esprit que dimanche 21 août, ce dernier jour des JO qui était le vôtre, on s’était pointé au rendez-vous des Experts. Vous n’aviez jamais perdu la moindre finale, le Danemark était votre victime favorite.

Quelques heures et une logique défaite plus tard, nous voilà à vous regarder sur cette étrange place du podium, dont on ignorait l’existence. Là tout de suite, on a les boules. Limite, on vous en veut. Mais en y réfléchissant bien, c’est maintenant que l’on veut vous dire merci. Merci d’avoir fait de nous des gens si exigeants, blasés par une médaille d’argent. Merci pour ce tir au buzzer contre l’Allemagne, ce Mondial soufflé aux Croates chez eux en 2009, cette sensation unique de pouvoir rouler sur la Terre entière dès lors que ça se passait à sept contre sept.

On n’a même pas envie de vous quitter. Certains ne sont plus tout jeunes, peut-être dira-t-on dans quelques années qu’ils étaient trop vieux. Franchement, on s’en fout. En zone mixte, on vous a écoutés, raconter votre déception, vos regrets et le plaisir de quand même offrir une nouvelle médaille olympique. Et vous avez parlé de 2017.

2017, ce Mondial à la maison. 2017, ces adieux attendus d’un coach, d’une partie de la colonne vertébrale. Thierry Omeyer et Daniel Narcisse, déjà là lors du sacre de 2001, pourront vous expliquer comment ça se vit. A l’époque, votre leader Nikola Karabatic n’avait que dix-sept ans. Parlant de ça, un mail vient de tomber. Les Bleuets viennent d’être champions d’Europe des moins de 18 ans, s'imposant après avoir été menés de six buts par les Croates. On sourit. Bientôt, on leur dira aussi merci.