JO 2016: Le Maracana en feu, l'hommage d'un Neymar en larmes à Bolt, on vous raconte le sacre du Brésil

FOOTBALL L'attaquant du Barça a inscrit le tir au but vainqueur de cette finale olympique...

Romain Baheux

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Neymar fête la victoire du Brésil aux JO le 20 août 2016.
Neymar fête la victoire du Brésil aux JO le 20 août 2016. — Odd Andersen / AFP

De notre envoyé spécial à Rio,

On le confesse, on s’est laissé prendre au jeu. Sur le papier, les JO demeurent une compétition où le football oppose des équipes composées à 90 % d’espoirs, où le Honduras se hisse en demi-finales et dont le passionné de ballon le plus acharné ne connaît pas 20 % du palmarès. Samedi soir, ça a pris la forme d’une rencontre capable de blinder l’un des stades les plus mythiques du monde, de passionner tout un pays et de faire chialer l’une des stars de ce sport.

Neymar, puisque c’est bien de lui  dont il s’agit, a fait beaucoup dans cette finale contre l’Allemagne. Parfois trop. Mais l’affaire tenait à cœur au joueur du Barça, qui a claqué un joli coup franc et surtout inscrit le tir au but vainqueur (1-1, 5-4). « Oooooooh, Neymaaaaaaaaaar. Oooooooh, Neymaaaaaaaaaar. Oooooooh, Neymaaaaaaaaaar. » Touché par les chants du Maracana, le Brésilien a fondu en larmes. Avant, à sa manière, de montrer sa volonté de remporter ces Jeux en se fendant d’un éclair à la Usain Bolt, présent au stade.

« La seule chose que j’avais à l’esprit est que je devais inscrire ce tir de la gagne, souffle-t-il, bandeau 100 % Jesus autour du front. J’ai accompli mon rêve, c’est l’un des plus beaux moments de ma vie. Je ne trouve pas encore tous les mots, je dois me calmer. » Neymar quitte la zone d’interview réservée aux TV et file rejoindre ses partenaires pour une poignante interprétation, médaille autour du cou, de l’Hino Nacional Brasileiro.

Si on était taquins, on dirait qu’on a eu l’impression d’assister à ce à quoi aurait pu ressembler la victoire de la Seleçao si elle ne s’était pas pris un 7-1 d'anthologie par l’Allemagne, la vraie. N’allez pas parler de revanche. Pour les Brésiliens, l’importance du moment n’est pas tant liée à la valeur sportive du trophée, le seul manquant à la collection nationale, qu’à revoir une équipe nationale s’imposer dans le sport roi.

« On a montré que le football brésilien n’est pas mort »

« Franchement, tu ne te rends pas compte, souffle Marcos, venu au stade pousser ses hommes. On a été habitués à gagner plein de trucs et en deux ans, on se fait humilier dans notre Mondial et sortir en poule de la Copa America en juin. » « Les gens peuvent être fiers, lance le sélectionneur brésilien Rogerio Micale. On connaissait l’énorme responsabilité qui pesait sur nos épaules, mais c’est du passé. On a montré que le football brésilien n’est pas mort. Maintenant, on peut regarder vers le futur. » Mais pas tout de suite, Neymar doit se remettre de ses émotions.