JO 2016: On a calculé les chances de plantage des stars françaises

JEUX OLYMPIQUES Et si Manaudou, Riner ou Lavillenie cafouillaient?...

B.V.

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Les chances de plantage des Français à Rio
Les chances de plantage des Français à Rio — Capture d'écran

De notre envoyé spécial à Rio,

(P + X) x JO = : (. La formule mathématique nous est apparue, comme ça, au lendemain d’une soirée bien évidemment trop arrosée. Pression + facteur pas de chance, le tout multiplié par l’effet Jeux Olympiques et vous obtenez le « taux de plantativité » d’un athlète destiné à l’or. Celui pour qui on a déjà 1) coché le jour de l’épreuve dans le calendrier pour ne surtout pas la louper 2) prérempli le nom dans le tableau des médailles 3) prévu d’aller se coller une belle murge au Club France pour fêter sa victoire.

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Les nôtres s’appellent Teddy Riner (judo), Florent Manaudou (natation), Renaud Lavillenie (saut à la perche), Aurélie Muller (marathon en natation), les Experts (handball) ou Julien Absalon (VTT). Et voici donc leur taux de plantativité.

"Et là, jlui ai arraché le coeur à main nue" - Alexey Filippov/AP/SIPA

Teddy Riner : l’assurance tout risque ?

Honneur au porte-drapeau. Invaincu depuis six ans (!), champion olympique et octuple champion du monde en titre, Teddy Riner peut décemment envisager le podium à Rio. Bon, on déconne, mais en vrai, il s’agirait d’un tremblement de terre si le Français ne roulait pas en moins de quarante secondes sur tout morceau de viande qui oserait se présenter devant lui.

Ce qui nous fait peur

Il est porte-drapeau de la délégation française. Il peut aussi être le plus grand judoka français de tous les temps en devenant, comme David Douillet, double champion olympique (mais avec plus de titres mondiaux). Ça va Teddy, pas trop de pression sur les épaules ?

Rappelons aussi que la seule fois qu’il s’est planté dans sa carrière, c’était aux JO en 2008. OK, il était jeune, mais personne n’a oublié. Et surtout pas lui.

Ce qui nous rassure

Au-delà du fait que personne ne puisse le battre depuis six ans ? Cette déclaration, sur RMC : « J’ai fait une très bonne préparation, tous les voyants sont au vert. Je me sens très bien. J’ai évolué. Je n’ai pas le même judo. J’ai mûri, je suis plus rapide et j’ai beaucoup plus de sensations. » Savoir qu’il est meilleur qu’à Londres, où il avait écrasé tout le monde, c’est plutôt rassurant, non ?

Taux de plantatitivé : 3 %

Quand oneaucoup te dit que quand même, 10kilomètres à la nage, c'est b
Quand oneaucoup te dit que quand même, 10kilomètres à la nage, c'est b - Sergei Grits/AP/SIPA

Aurélie Muller : l’effet Philippe Lucas

Dix kilomètres de nage, c’est beaucoup. Surtout sans brassards. C’est sans doute pour ça qu’on appelle ça le marathon en natation. Bref, c’est la discipline d’Aurélie Muller, 26 ans, championne du monde et d’Europe en titre et grande favorite cette course en eau libre à Rio.

Ce qui nous fait peur

Au-delà du fait qu’elle tombe malade à cause de la drôle d’eau du bassin d’eau libre de Rio, il y a quand même une sacrée concurrence. Particulièrement l’Italienne Rachele Bruni, qui a fini dans le même temps que la Française aux derniers Euro, mais aussi des Brésiliennes et la championne olympique en titre, la Hongroise Eva Risztov.

Ah et aussi : aucun Français n’a jamais été champion en eau libre.

Ce qui nous rassure

  • Si t’es le plus fort, tu gagnes. Sans être spécialiste de l’épreuve, on se dit quand même que le marathon en natation est une épreuve un poil moins aléatoire que, par exemple, le BMX. Même si les conditions climatiques ont sans doute une importance.
  • Son coach est l’immense Philippe Lucas, qui a quand même déjà remporté trois fois l’or olympique avec Laure Manaudou, Federica Pellegrini et Camelia Potec. Autant dire qu’il sait comment faire gagner.

Taux de plantativité : 40 %.

:(
:( - Radek Petrasek/AP/SIPA

Renaud Lavillenie : plutôt version Mondiaux ou JO ?

Difficile de plus dominer son sport que Renaud Lavillenie. Champion olympique en titre et recordman du monde du saut à la perche, il sera évidemment le favori à Rio pour claquer ce qui sera probablement la seule médaille d’or de l’athlé français.

Ce qui nous fait peur
Renaud Lavillenie n’a jamais été champion du monde. On s’en bat les reins, me direz-vous, c’est les JO. Certes, mais ça prouve que le Français a une légère tendance à craquouiller dans les concours importants, ceux qui se terminent au bout d’une nuit moite et stressante. Et puis cette année, il a été au-dessus de ses adversaires, mais pas forcément impérial. Il s’est par exemple totalement planté à Amsterdam en ratant trois fois sa barre d’entrée en 5,75 m lors des championnats d’Europe.

La perche, ça reste quand même salement aléatoire.

Ce qui nous rassure

  • Quand on a pu un jour sortir ce saut-là, on peut tout faire.

  • La concurrence n’est pas ouf. Attention quand même à l’Américain Kendricks, capable dans un bon jour de passer au-dessus des 5,90 m.
  • Sa forme moyenne n’est pas un problème : « Il est nécessaire de prendre le temps de se préparer sans se précipiter et rechercher une performance à tout prix, expliquait-il à la ville de Clermont-Ferrand. Il faut au contraire être patient et ne pas chercher à sauter le plus haut possible mais se préparer pour être capable de gagner dans différents contextes. »

Taux de plantativité : 35 %

Les Experts lors d'un entraînement de ball-trap
Les Experts lors d'un entraînement de ball-trap - JAVIER SORIANO / AFP

Les Experts, la compète de trop ?

OK, on dit ça a chaque fois, mais ça va bien finir par arriver. La dernière d’Onesta, d’Omeyer, voire d’un paquet de leaders de la génération la plus dominante de l’histoire du handball (Guigou, Narcisse, voire Nikola Karabatic)… On n’y est peut-être pas encore, mais les Experts commencent à prendre sérieusement de l’âge.

Ce qui nous fait peur

Le dernier Euro. Terminant à la 5e place après une sale défaite face à la Norvège, l’équipe a montré des lacunes en n’étant peut-être pas aussi dominante qu’il y a quatre ans. Et en même temps, en 2012 aussi les Bleus avaient raté leur Euro six mois avant de remporter les JO.

Ce qui nous rassure

Cette équipe n’a JAMAIS failli dans les matchs importants. Genre jamais de chez jamais. Et puis elle est plutôt en forme, sa préparation a été correcte (victoire lors de l’Eurotournoi). Sur quinze jours, l’âge n’est pas forcément un problème.

Taux de plantativité : 30 %.

"- Magnifique. Vous faites du sport?" "-Même pas" - NIVIERE/SIPA

Florent Manadou, le Riner de l’eau ?

C’est lui le nouveau patron de la natation française. Florent Manaudou, champion olympique surprise à Londres sur 50 m nage libre, devrait être champion olympique logique sur la même distance à Rio tant il domine le sujet depuis quatre ans.

Ce qui nous fait peur

Une préparation un peu moyenne.Il a été récemment battu par l’Ukrainien Govorov lors du meeting de Vichy. Et puis le 50 m, c’est quand même la distance la plus aléatoire et ouverte aux surprises de la natation. Manaudou est sans doute le mieux placé pour en parler.

Ce qui nous rassure

Bah, cette course perdue à Vichy, c’est la seule en deux ans (!). Et en avril, Florent Manaudou a quand même claqué la meilleure performance de l’année en 21’42, un temps avec lequel il serait largement champion olympique à Rio.

Taux de plantativité : 20 %

Comme un Absalon fleuve tranquille
Comme un Absalon fleuve tranquille - David Stockman BELGA

Julien Absalon : pas vraiment favori

On a hésité entre lui et le boxeur Tony Yoka pour compléter cette liste des « stars françaises qui doivent nous ramener l’or ». Mais avec ses deux titres de champion olympique (2004 et 2008), Julien Absalon gagne sa place à l’expérience. Même s’il n’est pas vraiment favori de la course hommes de VTT.

Ce qui nous fait peur

Nino Schurter. Le Suisse domine actuellement totalement le monde du cross-country et se pose en immense favori avant Rio. Il a d’ailleurs remporté récemment les Mondiaux (son 5e titre) devant Kuhlavy et Absalon, troisième à trente secondes. Si le Français reste un grand nom du VTT, il n’est plus le boss.

La carrière de Julien Absalon
La carrière de Julien Absalon - Capture d'écran

Ce qui nous rassure

Après son abandon à Londres en 2012, Absalon va avoir les crocs pour ce qui sera probablement ses derniers JO. Et puis Nino Schürter n’a jamais été champion olympique (battu au sprint en 2012) et peut faire un blocage. Et puis on n’est pas à l’abri d’une pierre mal placée.

Taux de plantativité : pour la médaille 20 %, pour le titre 80 %.