Bernard Laporte : «Ce n’est qu’une étape»

INTERVIEW Au lendemain de la qualification de la France pour les demi-finales, Bernard Laporte est déjà tourné vers la rencontre face à l’Angleterre…

Propos recueillis par Gil Baudu, envoyé spécial à Cardiff

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L'entraîneur Bernard Laporte considère l'Angleterre, adversaire du XV de France en demi-finale de la Coupe du monde le samedi 13 octobre, comme "une grande équipe".
L'entraîneur Bernard Laporte considère l'Angleterre, adversaire du XV de France en demi-finale de la Coupe du monde le samedi 13 octobre, comme "une grande équipe". — Adrian Dennis AFP

Ambiance décontractée dans l’hôtel des Bleus, à Cardiff. Il est 11h45 heure locale lorsque Bernard Laporte vient s’exprimer au lendemain de la victoire des siens face aux Blacks. Le sélectionneur du XV de France a déjà digéré cet exploit.

Réalisez-vous que votre équipe a battu les Blacks pour se hisser en demi-finale du Mondial?
On a félicité les joueurs. Ce qu’ils ont fait est grand. Ils nous ont comblé de bonheur. Ils ont rendu heureux tout un pays. Ce fut le match le plus émouvant de ma carrière de sélectionneur. Pour moi, il est fini, ce match. C’était un quart de finale de Coupe du monde. Nous, ce qu’on veut, c’est gagné la finale. Ce n’est qu’une étape. Ce n’était pas l’étape qu’on avait choisie. Il fallait l’affronter. On est donc venu à Cardiff pour affronter la Nouvelle-Zélande. Maintenant, il faut penser à l’Angleterre. Ce sera un autre match.

Quelles ont été les clés de cette victoire?
Contre les Blacks, il nous fallait ce qui nous avait fait défaut jusque-là face à la Nouvelle-Zélande. Ils marquent jamais en première main, mais toujours en contre-attaque. Il fallait répondre à leur jeu au pied d’occupation. D’où la logique de titulariser Damien (Traille) à l’arrière et Lionel (Beauxis) à l’ouverture. Ca n’a pas toujours été efficace, mais eux-aussi ont dévissé. On a surtout répondu présent dans le combat. Si dans l’affrontement tu subis, tu ne gagnes pas. On les a bien pressés, on a bien avancé. C’est comme ça qu’on a gagné.

Votre coaching s’est avéré efficace…
Le coaching n’est marquant que lorsque les joueurs qui entrent sur le terrain apportent une vraie plus-value. Que ce soit Sébastien (Chabal) sur les ballons portés ou Frédéric (Michalak) sur l’essai de (Yannick) Jauzion, ils ont tous été déterminants.

Etes-vous satisfait de l’état de vos troupes?

Oui, car on a bien travaillé durant les deux mois de préparation. On espère garder cette intensité physique. Je ne suis pas inquiet. Tout le monde est relancé pour le prochain match. On constituera la meilleure équipe possible pour battre l’Angleterre.

A l’issue des deux premiers quarts de finale, les deux nations de l’hémisphère Sud (l’Australie et la Nouvelle-Zélande) ont été éliminées par l’Angleterre et la France…
Le verdict de ces deux rencontres montre qu’il y a un certain nivellement entre le Nord et le Sud. Les avants anglais ont mis les avants australiens sur l’éteignoir. Pour la première fois, les Wallabies ont joué en reculant. Il ne faudra pas commettre cette erreur samedi. La victoire des Anglais n’est pas une surprise. C’est parce qu’ils ont connu une année difficile à cause de nombreuses blessures qu’ils étaient devenus mauvais. Ils ont tout pour être bons: un gros paquet d’avants et un gros botteur (Wilkinson). Ce sera un match difficile. Mais je ne connais pas une demi-finale de Coupe du monde facile.

Après la rencontre, vous vous êtes élevé pour dénoncer la critique qui entourait cette équipe de France depuis le début…
Mes joueurs, je les respecte et je veux qu’on les respecte. Ces gens-là, s’ils avaient gagné et qu’ils avaient été meilleurs que les autres, on les écouterait. S’ils ont que du fiel dans la bouche, on est désolés pour eux d’avoir gagné. Peut-être qu’aujourd’hui ils pleurent. C’est la France que je n’aime pas, qui ne fait que critiquer. Qu’ils créent quelque chose et après on verra!