«On va tout remettre à plat, sans tout remettre en question»
REACTIONS•Florilège des déclarations d'après-match des Bleus, entre morosité et abattement...Propos recueillis par Stéphane Alliès
Ambiance déprimante dans les couloirs du Stade de France. La zone mixte (l'endroit où tous les journalistes peuvent discuter avec tous les joueurs) avait des airs de Waterloo, au fil des mines abattues qui se succédaient quelques heures après la désillusion. Compilation des réactions d'un Xv de France abattu, qui veut encore y croire, mais qui n'affichait pas vraiment la gnaque pour rebondir, malgré le discurs de Bernard Laporte...
Damien Traille:
«On a déçu beaucoup de monde, à commencer par nous-mêmes. On s'en sort bien avec le point de bonus et on doit se raccrocher à ça. Peut-être que notre préparation a été trop euphorique. On connaît le jeu des Argentins: 50 chandelles par match et ça raffiolent dans les regroupements, toujours à la limite. Mais on a pas su s'y adapter. Désormais, à nous d'être francs dans nos têtes. Tout le monde va nous casser. Des blessés? Il y en a toujours quand on perd»
Dimiti Swarzewski
«On peut pas dire qu'ils ont emballé le jeu, mais ils nous ont fait redescendre sur terre. A la mi-temps, on les sentait au bout du rouleau. Notre conquête a pourtant été irréprochable, mais on les a laissé être pénible au sol, en étant absent au soutien et en faisant trop de passes inutiles»
Jérôme Thion:
«Notre mêlée a été plus percutante que lors des matchs précédents. Physiquement, on les sentait à la limite. On aurait marqué l'essai collectif au début de la deuxième mi-temps, c'était plié. Au lieu de ça, on leur a redonné de l'énergie et du moral. On a pas su créer du jeu, vu qu'on tombait tous les ballons d'attaque. Pourtant je vous assure qu'on a pas pris le casque, on a juste été trop fébrile, pas à la hauteur de l'événement»
Yannick Jauzion
«On doit faire preuve de plus d'ambitions et se réorganiser sans tomber dans l'individualisme. Le problème, c'est qu'on est plus maître de notre destin»
Pierre Mignoni
«On imaginait pas qu'on échouerai ainsi à mettre notre jeu en place. Je me sens coupable de ne pas avoir pu mettre plus de vitesse dans le jeu. Les ballons étaient tellement arrêtés que ça servait à rien de les jouer et d'insister. On va tout remettre à plat, sans tout remettre en question. Je pense qu'on peut s'en sortir... Euh, j'en suis même sûr»
Rémy Martin
«Sur l'interception, je pense d'abord à fixer le défenseur, et puis Jauzy m'appelle et je décide de passer, sans voir arriver l'Argentin. Ensuite, j'essaie de rester dans le match, je me bat en touche, mais c'est difficile...»
Cédric Heymans
«On savait qu'on aurait droit à un gros rideau défensif et on l'a eu. Assez rapidement, je me blesse à la réception d'une chandelle en percutant Damien Traille. Ça a compliqué les choses pour le reste du match»
Serge Betsen
«On a commis des erreurs de main rarement vues en équipe de France/ Voir ces lacunes à ce niveau, c'est aussi grave qu'inhabituel et ces maladresses ont pesé sur la conduite du match. Tout le monde a voulu sauver l'équipe et on a oublié de jouer collectivement. On a sans cesse hésité entre chercher à marquer un essai et prendre les trois points des pénalités»
Sébastien Chabal
«Ce match, on l'aurait joué 100 fois, on l'aurait perdu 100 fois»



















