Rapprochement Canal+-beIN Sports: Bon, et comment on regarde le sport à la télé maintenant?

FOOTBALL Devra-t-on payer deux fois pour avoir accès aux contenus?..

N.C.

— 

Le marché des droits télé des événements sportifs va être révolutionné par le rapprochement Canal+-beIN Sports (photo d'illustration).
Le marché des droits télé des événements sportifs va être révolutionné par le rapprochement Canal+-beIN Sports (photo d'illustration). — Laurent Cipriani/AP/SIPA

Le rapprochement est imminent. Canal + et beIN Sports, qui se battent à coups de millions pour les droits télé des grands événements sportifs depuis l’arrivée de la chaîne qatarie dans le PAF en juin 2012, sont en passe de sceller un accord de distribution. Le groupe Vivendi a confirmé ses intentions ce jeudi. « Cet accord permettrait à BeIN Sports de bénéficier de la force de la distribution de Canal+ et à l’ensemble des clients des deux sociétés de disposer d’une offre complète », assure la maison mère de la chaîne cryptée dans un communiqué

Plutôt logique, les choses ne pouvaient pas continuer comme ça entre les deux groupes. D’un côté, beIN n’a pas compté son argent pour acheter à tour de bras mais perdrait aujourd’hui près de 250 millions par an, selon le cabinet Natixis. De l’autre, Canal + a tenté de rester raisonnable, mais paye cette politique par des pertes massives d’abonnés - 338.000 résiliations sur les neuf premiers mois de 2015 et une perte nette de 88.000 abonnés à fin septembre sur un an - en attendant la vague consécutive à la perte des droits de la Premier League au profit d’Altice.

Canal + devrait donc officialiser ce jeudi son plan pour obtenir le droit de diffuser le contenu de beIN. Une révolution qui, si elle est validée par l’autorité de la concurrence, s’annonce « gagnante-gagnante » pour les deux groupes. C’est bien gentil, mais pour le consommateur alors ? Celui qui, derrière sa télé, aimerait pouvoir regarder un peu de sport sans être obligé de craquer son PEL.

Pour l’instant, qui a quoi ?

En foot. Pour la Ligue 1, autant parler de la saison prochaine, puisque les droits ont été réattribués en 2014 pour la période 2016-2020. La chaîne cryptée était sortie gagnante de la bataille en s’adjugeant les deux principaux lots, et avec eux le droit de choisir en priorité les trois matchs de son choix à chaque journée. En Ligue des champions en revanche, Canal peut choisir en premier mais uniquement un match. Toutes les autres affiches sont entre les mains de beIN.
Dans les autres sports. Canal a été dépouillée. En tennis, beIN a repris Wimbledon, le Masters et les Masters 1000, sauf Monte-Carlo et Bercy. La chaîne qatarie a aussi chipé la NBA et l’Euroligue de basket, la coupe d’Europe de rugby et toutes les compétitions masculines et féminines de handball. Entre autres.

Actuellement, c’est combien ?

Cher. Enfin, surtout Canal d’ailleurs, si l’on considère uniquement l’offre de sport en baisse. Le bouquet des chaînes maison Canal + coûte 39,90 euros par mois, même chose pour celui des chaînes thématiques CanalSat. Si l’on prend les deux, c’est 59,80 euros. beIN Sports demande, elle, à ses abonnés 13 euros par mois.

Du coup, on va être obligé de payer 39,90 + 13 ?

A priori, c’est un grand non. Et heureusement. « On ne peut pas imaginer qu’un client qui s’est abonné à beIN Sports pour 13 euros par mois soit forcé de payer 40 euros d’abonnement à CanalSat plus 13 euros pour conserver sa chaîne. Ce serait totalement contre-productif par rapport à la clientèle jeune et pas toujours aisée que beIN Sports a su conquérir », explique une source au journal Le Monde.

Et donc ?

Et donc le prix à payer devrait se situer entre ces deux chiffres. Si l’accord est entériné, le groupe Canal pourrait réfléchir à un nouveau découpage de ses offres. Oubliés les deux packages à 40 euros, place à trois ou quatre bouquets plus restreints, avec des chaînes du groupe et des contenus beIN. Les abonnés Canal qui s’intéressent plus au sport qu’au cinéma devraient donc y gagner. Ceux de beIN doivent s’attendre à payer un poil plus, mais pour une offre en hausse qualitativement.