Star Wars: Dark Vador et son sabre laser auraient-ils une chance aux JO?

CINEMA La réponse des escrimeurs (sans sabre laser), alors que le très attendu épisode VII sort mercredi sur les écrans français...

Romain Baheux

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Qui-Gon Jinn se bat avec Dark Maul dans La Menace fantôme.
Qui-Gon Jinn se bat avec Dark Maul dans La Menace fantôme. — Disney/DR

« Voooooooou. » Dans l’univers de Star Wars, le bruit du sabre laser (à réaliser avec la langue coincée entre les dents), figure au panthéon de la célèbre série quelque part entre les tournures de phrases de Yoda et La Marche Impériale de Dark Vador. Et si on n’a pas vu le film [NO SPOILER DONC], les teasers du Réveil de la Force, en salles mercredi, laissent imaginer la présence d’un nouveau duel entre utilisateurs de la mythique arme. Mais dans le fond, que valent vraiment les bretteurs de cette galaxie lointaine, très lointaine ? Julien Pillet et Nicolas Lopez, médaillés d’or par équipes au sabre aux JO 2008, ont accepté de décortiquer les combats de la saga. Sans aucun parti pris entre Siths et Jedis.

L’efficacité

Premier constat, Obi-Wan Kenobi ne se hisserait pas en quart de finale du championnat régional de Bourgogne. Parce que si ça mouline dans tous les sens, les combattants mettent énormément de temps à découper l’adversaire (vous me direz, ça ne serait pas très drôle si tout cela se finissait en cinq secondes), ce qui reste quand même la finalité.

« Il y a deux manières de voir les choses : soit ils sont très forts, soit ils sont très mauvais pour que cela dure aussi longtemps », rit Nicolas Lopez. « Ça n’est pas très efficace, estime Pillet. Si on se battait de cette manière, on mettrait très peu de touches. » « Eux, ils sont dans le spectaculaire avec des mouvements très amples, poursuit Lopez. Nous, on va chercher à faire des choses précises pour rattraper un coup si on est contrés, eux s’exposent beaucoup plus. »

Ecran d’accueil de la 21e Minute consacrée aux fans de « Star Wars » - S. BAHALA/20 MINUTES

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La technique

Alors, complètement à la rue le Seigneur Vador et ses entrées ronflantes ? Et bien, pas tant que ça. « On retrouve des ressemblances avec la réalité sur des parades ou certaines attaques, juge Nicolas Lopez. Et en termes d’intensité, ça se rapproche beaucoup de l’escrime artistique, qui est une vraie discipline avec des championnats du monde. Le rendu est très intéressant. »

Bon inutile de remater six fois Le retour du Jedi si vous avez pour objectif le podium à Rio. Quelques vilaines manies seraient rédhibitoires à ce niveau :

  • Les défenses un peu WTF comme « avoir son arme derrière le dos alors que l’adversaire est juste à côté », souligne Lopez.
  • La gestion de la distance entre les deux adversaires. C’est simple, il y a plus d’espace pour esquiver les coups dans les couloirs de l’Etoile de la Mort ou dans un désert de Tatooine que sur un tapis de piste.
  • Les petits effets de style. « Nous, on a toujours les doigts sur la poignée alors qu’eux, ils peuvent la faire sauter de main en main », raconte Julien Pillet.

 

Le style

Les amoureux transis de Luke Skywalker gardent ce souvenir douloureux du blondinet se faisant dérouiller par les assauts tout en puissance de Dark Vador à la fin de L’Empire contre-attaque (avant qu’il se fasse couper la main et apprenne que l’homme au masque noir est en réalité SON PERE, bref). Désolé, mais le bourrin du côté obscur ne fait qu’appliquer une des règles de base de l’escrime.

« Chacun possède son style, souvent lié à son physique et à son caractère, explique Lopez. Dark Vador est puissant, ça me semble logique qu’il se serve de sa force (avec un petit « f »). C’est un atout, là où Yoda va plus jouer sur sa vitesse car il est petit et agile. C’est un sport où diverses personnalités peuvent s’exprimer et c’est tant mieux. » Même si on tient à faire des « Voooooooou » à chaque coup ?