Affaire de la sextape: Tout ce qu'il s'est passé depuis la garde à vue de Cissé le 13 octobre

FOOTBALL Depuis la révélation de la garde à vue de Cissé pour une sombre histoire de sextape, il s'en est passé des choses...

N.C. avec AFP

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Karim Benzema et Mathieu Valbuena en juin 2015 à Villeneuve d'Ascq.
Karim Benzema et Mathieu Valbuena en juin 2015 à Villeneuve d'Ascq. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Karim Benzema mis à l’écart des Bleus. L’annonce de Noël Le Graët ce jeudi, lors d’une conférence de presse assez surréaliste, est le dernier rebondissement d’une affaire hors-norme. De la garde à vue de Djibril Cissé, ressorti libre et sans être poursuivi, à la suspension du Madrilène, petit retour chronologique sur cette histoire de chantage à la sextape dont à été victime Mathieu Valbuena.

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13 octobre : Garde à vue de Cissé

L’AFP révèle que Djibril Cissé a passé une douzaine d’heures en garde à vue avant de ressortir libre dans une affaire de « tentative d’extorsion de fonds », aux dépens de Mathieu Valbuena. L’affaire du chantage à la sextape fait son entrée dans les médias.

Cissé expliquera plus tard : « Les malfaiteurs m’ont contacté pour que je fasse chanter Mathieu. J’ai prévenu Mathieu, point. Il a ensuite porté plainte, il m’a cité, il fallait m’entendre et la police a vu qu’il n’y avait rien d’exceptionnel dans mon cas ».

5 novembre : Mise en examen de Benzema

C’est l’explosion médiatique. Karim Benzema est placé en garde à vue le 4 novembre. Le 5, le joueur du Real Madrid est mis en examen pour complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs.

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Benzema est placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’entrer en contact avec la victime, donc Valbuena, son partenaire en équipe de France, et les autres mis en examen. Didier Deschamps ne sélectionne ni Benzema ni Valbuena pour les matchs des Bleus de novembre, officiellement parce que le premier est blessé et le second pas au mieux psychologiquement.

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9 novembre : Le ministre prône la mise à l’écart

Le ministre des Sports Patrick Kanner estime que la Fédération française de football devrait « réfléchir » à la mise à l’écart des joueurs mis en examen.

10 novembre : Benzema sur écoute

Europe 1 retranscrit une écoute téléphonique du 6 octobre entre Benzema et Karim Zenati, son ami d’enfance écroué depuis dans cette affaire. Benzema raconte l’entrevue qu’il a eu la veille avec Valbuena à Clairefontaine, lors d’un rassemblement des Bleus : « Je lui ai dit "moi je vais t’arranger la sauce. Faut que tu vas voir le mec (sic). Il va venir. Il va te parler. Mais je te donne ma parole que y a pas d’autre copie" ». Le lendemain, L’Equipe publie en intégralité la conversation téléphonique.

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12 novembre : Le Graët et la « présomption d’innocence »

Noël Le Graët, président de la FFF, se dit « partisan de la présomption d’innocence », répondant ainsi à distance à M. Kanner.

13 novembre : Benzema et le rôle d’intermédiaire

« Je devais servir d’intermédiaire et faciliter la mise en rapport entre Mathieu (Valbuena) et Karim Zenati » : c’est ce qu’a dit le joueur du Real Madrid lors de sa garde à vue, révèle l’AFP des sources proches du dossier.

« Que Karim Zenati bénéficie de quelque chose derrière, c’était pas mon but, j’y ai pas pensé, je suis choqué, franchement, je suis con quand je vois tout ça », souffle-t-il aux policiers, assurant avoir agi « sans arrière-pensée ».

20 novembre : Valbuena chez la juge

A quelques heures d’un match sous les couleurs de Lyon, Valbuena se rend dans la matinée chez la juge pour une audition déterminante. Il joue le soir même.

27 novembre : Valbuena charge Benzema

« Dans sa façon de parler, il n’a pas été agressif, il ne m’a pas parlé d’argent concrètement, directement », concède Valbuena au Monde, « mais quand tu insistes pour me faire rencontrer quelqu’un… pffff. Moi, j’ai jamais vu quelqu’un qui va faire détruire une vidéo gratuitement juste parce qu’il m’adore ! ». La FFF annonce qu’elle se porte partie civile.

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1er décembre : Manuel Valls prend position

Un « grand sportif doit être exemplaire », faute de quoi il « n’a pas sa place dans l’équipe de France », lance le Premier ministre, Manuel Valls.

2 décembre : Benzema dénonce un « acharnement »

Benzema prend la parole publiquement pour la première fois et dénonce au 20h00 de TF1 un « acharnement ».

>> Retrouvez l’analyse d’un spécialiste en communication sur cette intervention attendue du Madrilène.

 

Plus tôt dans la matinée, Le Monde a publié son audition devant la juge le 5 novembre. On peut y lire : « Je pense que c’est un gros malentendu. Ce n’était que de l’aide, je n’avais rien d’autre derrière la tête, (pas) de chantage ou d’argent ». On apprend tout de même dans ce récit que la première fois que Benzema a entendu parler de cette vidéo, c’est lorsqu’un homme s’est approché de lui pour lui offrir un sac Vuitton. D’où cette question brûlante…

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3 décembre : Le sondage qui fait mal

82 % des Français estiment que Benzema ne peut plus jouer en équipe de France, selon un sondage Elabe pour RMC/BFMTV.

6 décembre : Zidane défend Benzema

Salarié comme Benzema par le Real Madrid, Zinédine Zidane souhaite, « pour l’équipe de France », que Benzema ne soit pas suspendu par la FFF.

8 décembre : Benzema plaide sa cause

« Il y a une justice, il faudrait voir la justice avant de faire quoi que ce soit », plaide Benzema après avoir inscrit un triplé avec le Real Madrid en Ligue des champions, alors que la FFF doit prendre position sur son cas deux jours plus tard.

10 décembre : La mise à l’écart

A six mois jour pour jour du match inaugural de l’Euro, Noël Le Graët annonce que Benzema « n’est plus sélectionnable » en équipe de France tant que sa situation judiciaire « n’évolue pas ».