Asashoryu, le Zidane mongol du sumo mondial, sanctionné par les Japonais
CRISE DIPLOMATIQUE•Haï par le public nippon, le sombre sumotori Asashoryu a été suspendu pour «fausse blessure»...S.A (avec AFP)
Règlement de comptes à Sumo Corral. Le numéro un du sumo mondial, le Mongol Asashoryu, a été suspendu pour deux tournois professionnels après avoir été accusé d'avoir feint une blessure. Cette punition est la plus sévère jamais infligée à un «yokozuna» (champion suprême) depuis la création des grands tournois professionnels il y a 80 ans. Asashoryu (qui signifie «dragon bleu du matin en nippon), 26 ans, de son vrai nom Dolgorsuren Dagvadorj, ne pourra pas disputer les deux grands tournois d'automne de Tokyo et Kyushu. L'affaire occupe une grande place dans les journaux télévisé japonais...
L'affaire a éclaté lorsque le sumotori a été filmé en train de jouer au football avec des enfants en Mongolie, lors d'un match de gala, alors qu'il avait prétexté une blessure pour s'absenter d'une tournée caritative estivale au Japon, un comportement jugé inadmissible dans l'Empire du soleil levant. L'ambassade de Mongolie au Japon a même dû s'excuser publiquement.
Impétueux, voire irascible
Le lutteur, qui touche près de 3 millions de yens mensuels (17.500 euros), a vu son salaire réduit de 30% pendant quatre mois, et l'Association japonaise de sumo lui a ordonné de se conduire correctement jusqu'à la fin de la punition. «Je prends acte de ce châtiment. Je vais soigner mes blessures et me préparer pour la tournée régionale d'hiver le tournoi du Nouvel an en janvier», s'est contenté de commenter Asashoryu.
Impétueux, voire irascible, Asashoryu a été récemment accusé d'avoir truqué des rencontres, allégation qu'il a rejetée avec force. Son caractère belliqueux lui a attiré l'antipathie du très conservateur monde du sumo et des fans japonais habitués à l'apparente bonhomie et à la force tranquille des gros bébés qui se jettent du riz avant de se pousser hors du cercle. Il faut dire aussi que le nombre croissant de sumotoris d'origine étrangère, actuellement une soixantaine, passe mal auprès de certains Japonais qui se lamentent sur ce qu'ils considèrent comme un déclin de ce sport national et, partant, de leur tradition. Mais Asashoryu s'en fiche pas mal, parce qu'il est aussi fort que Honda, le combattant de Streetfighter. La preuve...


















