Mort de Jules Bianchi : Ce qui a changé depuis l’accident de Suzuka

AUTO Le monde de la Formule 1 a beaucoup évolué depuis octobre 2014...

Guilhem Richaud

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Au Grand Prix du Japon, Bianchi avait percuté une grue venue dépanner Sutil.
Au Grand Prix du Japon, Bianchi avait percuté une grue venue dépanner Sutil. — Isifa Image Service sro/REX/SIPA

Le monde de la F1 et du sport français s’apprête à rendre un dernier hommage à Jules Bianchi. Les obsèques du pilote français, décédé dans la nuit de samedi à dimanche auront lieu ce mardi à Nice. Depuis l’accident en octobre 2014 au Japon, beaucoup de choses ont changé sur les circuits.

Une humanisation du paddock

Le destin a enlevé l’un des leurs. Lorsqu’ils sont en course, les pilotes, de F1 ou autre, ont la réputation d’être particulièrement fermés. De rester dans leur monde. « Pour faire notre métier, il faut être un peu égoïste », expliquait il y a quelque temps à 20 Minutes Romain Dumas, ancien vainqueur des 24 Heures du Mans, mais qui a aussi notamment couru en rallye, en Formule 3 et en Champ car…  « On a tendance à se concentrer sur notre course, nos risques, notre vie, assurait-il. On ne regarde pas trop le reste. »

Mais après l’accident de Bianchi, les choses ont un peu changé. Parce que les pilotes adoraient le Niçois, réputé pour sa gentillesse et sa disponibilité. A chaque Grand Prix depuis le Japon, les messages de soutien affluent. Et beaucoup de pilotes ont fait marquer un mot ou le hastag #forzajules sur leur monoplace. Il n’y avait pas eu de telles mobilisations après les accidents de Kubica ou de Massa, les deux derniers grands blessés de la F1, avant Bianchi.

A chaque Grand Prix, les hommages à Jules Bianchi se multiplient. - VALDRIN XHEMAJ / POOL / AFP

Un changement des règles du safety-car

L’accident de Jules Bianchi est un malheureux concours de circonstances. Il a percuté à haute vitesse une grue venue dépanner la monoplace d’Adrian Sutil, sortie quelques minutes plus tôt sous des trombes d’eau. La probabilité de combinaison de ces facteurs est particulièrement faible.

Pour éviter que ça se reproduise, la FIA a instauré des zones de safety-car virtuelle. Ce système, qui existait déjà en endurance, est entré en vigueur en début de saison. Il force les pilotes à ralentir, sous peine de disqualification, dans une zone dangereuse, avant même la sortie de la voiture de sécurité. En cas d’accident, un voyant s’allume dans les voitures en course et les pilotes doivent lever le pied. Avec un tel système, Bianchi aurait ralenti au moment de l’accident de Sutil, et ne serait pas sans doute pas sorti de piste.

Le safety-car virtuel a été mis en place en début de saison. - CLIVE MASON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Des alertes pour la pluie

Les pilotes savaient qu’il allait pleuvoir au Japon en octobre 2014. Une alerte aux typhons touchait l’archipel. Mais depuis cette course, les écuries ont encore accentué les prévisions météo. Lors du dernier Grand Prix de Grande Bretagne, remporté par Lewis Hamilton, Mercedes, Ferrari et les autres ont été capables de prévoir les averses à la minute près. Et pour celles qui n’ont pas les moyens de se payer les meilleurs météorologues, la FIA fait une communication radio à tous les pilotes en course pour informer de la situation. Ce système n’a pas que des fans, de nombreux pilotes se plaignent qu’il fragilise les stratégies de choix de pneumatiques.

Début juillet, Lewis Hamilton a bravé la pluie à Silverstone. - Frank Augstein/AP/SIPA

La question des voitures fermées

Fermer le cockpit des monoplaces peut-il protéger les pilotes ? La question se pose, et la FIA, qui organise les compétitions de F1, planche dessus. En endurance, ce choix a été fait pour les voitures les plus puissantes il y a maintenant deux ans. Cette décision avait été prise après les spectaculaires accidents de Mc Nish, Rockenfeller en 2011 et Davidson, en 2012. Jean Todt, patron de la fédération internationale, expliquait récemment que ça ne serait pas la solution miracle. « Le dernier mort en endurance, Allan Simonsen en 2013, s’est tué dans une GT, une voiture fermée. » D’autres détracteurs avancent que fermer le cockpit, réduit fortement le champ de vision.

Visuel 21e Minute 24 Heures du Mans - Photomontage Maureen Cros - Harald Dawo - V.Miche / AP / Sipa - D. Vincent / AP / Sipa - P. Saivet / ACO / Sipa

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