Un dirigeant du football italien accusé d’homophobie

FOOTBALL «On ne peut pas toujours parler de donner des sous à quatre lesbiennes», aurait-il déclaré...

R.B. avec AFP

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Un dirigeant italien est accusé d'homophobie.
Un dirigeant italien est accusé d'homophobie. — Capture d'écran/DR

Une enquête a été ouverte par la Fédération italienne de football contre le président de la Ligue amateur, Felice Belloli, pour des propos homophobes supposés envers le sport féminin, a-t-on appris auprès de la FIGC.

M. Belloli est accusé d'avoir dit le 5 mars lors d'une réunion du conseil du foot féminin, qu'il chapeaute, «Basta, on ne peut pas toujours parler de donner des sous à quatre lesbiennes». Il nie avoir prononcé cette phrase.

Le scandale a été révélé par le site www.soccerlife.it, qui s'est procuré le compte-rendu de cette réunion, déposé auprès du juge sportif de la Fédération italienne de football (FIGC) par le vice-président Antonio Cosentino, délégué au football féminin.

«Les actes ont été remis à la commission de discipline, attendons qu'elle ait mené son enquête pour vérifier les faits, la Fédération ne peut pas monter de procès sommaire», a-t-on appris auprès de la Fédération italienne de football (FIGC).

Le président Belloli engage le foot féminin (11.000 licenciées en Italie) à trouver des ressources par lui-même avant de prononcer la phrase incriminée.

«Il faut qu'ils démontrent que j'ai dit certains mots», a-t-il répondu au site soccerlife.

«Si Belloli avait prononcé ces paroles, ce serait grave. Cette phrase est odieuse et inacceptable», a dit le président de la FIGC, Carlo Tavecchio, qui dirigeait lui-même le foot amateur avant de devenir N.1.

La démission de Belloli devrait être réclamée lors d'une réunion de la Ligue amateur la semaine prochaine, selon une source proche du dossier.

La situation est jugée «très grave» à la FIGC, a expliqué cette source à l'AFP. Grave si le président a effectivement prononcé cette phrase, et que personne ne l'a dénoncée pendant deux mois et dix jours, grave s'il ne l'a pas prononcée et que l'on cherche à salir l'homme et toute la Fédération en portant une accusation sur un sujet sensible comme l'homophobie.

La vedette de l'équipe féminine d'Italie, Patrizia Panico, a regretté «qu'on parle plus de nous footballeuses quand quelqu'un prononce de tels mots que lorsque se joue une finale de Ligue des champions», remportée jeudi à Berlin par Francfort face au Paris SG (2-1).

«Si la phrase de Belloli est vraie, ce sont des paroles sexistes, machistes et ignorantes, a-t-elle ajouté. Nous voudrions être jugées pour ce que nous faisons sur le terrain, pas pour notre orientation sexuelle.»