Montpellier: «On avait cette réputation d’équipe qui met des coups, il fallait changer ça», raconte Vitorino Hilton

INTERVIEW D'équipe la moins fair-play la saison dernière, Montpellier s'est transformée en élève modèle en étant la seule équipe à ne pas avoir été sanctionnée d'un carton rouge...

Propos recueillis par Nicolas Camus

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Le capitaine montpelliérain Vitorino Hilton après une victoire contre Caen (1-0), le 19 avril 2015.
Le capitaine montpelliérain Vitorino Hilton après une victoire contre Caen (1-0), le 19 avril 2015. — FRANCK PENNANT / AFP

Montpellier a bien changé. Depuis sa remontée en Ligue 1 en 2009, l’équipe héraultaise traînait une réputation peu flatteuse d’équipe rugueuse. Elle avait touché le fond la saison passée, terminant dernière - et de loin - du classement du fair-play, avec 14 cartons rouges récoltés. Rien de tout ça cette saison, bien au contraire. Le club de Loulou Nicollin est le seul de Ligue 1 à ne pas avoir eu de joueur exclu. Une «fierté» pour cette équipe, comme le raconte son capitaine Vitorino Hilton à 20 Minutes.

Montpellier est la seule équipe de L1 à ne pas avoir été sanctionnée d'un carton rouge cette saison. - Capture d'écran 20 Minutes

Comment expliquer ce changement radical entre la saison dernière et l’actuelle?

C’est sûr que la saison dernière, on a eu beaucoup de rouges, ça a été très compliqué. Je ne sais pas pourquoi. On avait l’impression que dès qu’on faisait une faute il y avait carton rouge. Cette année, c’est mieux. L’explication c’est peut-être qu’on est mieux physiquement. Du coup, on arrive moins en retard dans les duels, on est plus lucides. La saison dernière, on sentait qu’on était court.

A quoi est due cette différence physique?

En début de saison dernière, c’était Jean Fernandez qui était aux commandes [démissionnaire en décembre 2013, remplacé par Courbis]. Et la préparation, c’était «ballon-ballon-ballon». C’était bien mais ça ne suffit pas. Pour moi, on n’avait pas assez travaillé physiquement. Cette saison on a plus bossé, et on voit qu’on est bien. Même moi, à bientôt 38 ans, je me sens très bien!

Est-ce que les dirigeants ou votre coach vous ont fait passer un message particulier pour essayer d’arrêter de prendre des cartons rouges?

Non, pas vraiment. L’entraîneur nous a juste dit en début de saison d’éviter de prendre des cartons bêtement. Après, pendant un match, s’il faut en prendre un pour éviter un but, pas de soucis, on peut y aller [il sourit]. Mais les cartons bêtes… Imagine, tu vas parler avec l’arbitre et tu prends un jaune, et puis deux minutes après t’es obligé de faire une faute «utile», on va dire, et bah tu prends un rouge. C’est bête, et surtout très dommageable pour tout le monde.

C’est un objectif de finir avec zéro rouge cette saison?

Oui on aimerait bien. Des fois, on en rigole. On se dit que si on n’est pas premiers au classement de la Ligue 1, au moins on est premiers à celui du fair-play! Il faut continuer, il reste encore quatre matchs. C’est une chose importante pour une équipe. Jouer tout un championnat sans suspendu, ou alors seulement à cause de jaunes, ce qui est moins fréquent, c’est une bonne chose. Déjà qu’on a pas mal de blessés, si on rajoute des suspendus c’est dur d’être compétitif.

«Même pour les jaunes, je trouve que les arbitres réfléchissent plus»

Justement, l’année dernière vous aviez fini 15e de L1, alors que cette année, ça marche bien (7e). Il y a un lien selon vous?

Ah oui c’est sûr. Si on a une équipe type qui marche bien et qui peut enchaîner les matchs, c’est toujours mieux. Alors que quand un joueur doit sortir, il faut mettre un autre, parfois le coach hésite sur la bonne formule, nous sur le terrain on n’a pas les mêmes automatismes, etc. Donc oui, ça joue.

Et sur les arbitres? Montpellier n'avait pas forcément bonne réputation, vous sentez que ça a changé?

C’est vrai que ça peut jouer aussi. Avant, les arbitres n’hésitaient pas avec nous. S’il y avait une faute un peu limite et qui méritait jaune, ils mettaient rouge tout de suite en se disant «c’est pas grave, c’est Montpellier, c’est une équipe comme ça, qui met beaucoup de coups, donc si on met rouge personne ne va rien dire». Là cette saison c’est très différent. Même pour les jaunes, je trouve que les arbitres réfléchissent plus.

Vous voulez dire qu'ils ont moins d'a priori?

Je trouve, oui. On avait cette réputation d’équipe qui met beaucoup de coups, il fallait changer ça. Là tout le monde peut voir qu’on est une équipe qui essaye de jouer au ballon, c’est quand même mieux.

Vous estimez y avoir quelle part dans cette amélioration? Parce que vous êtes capitaine, et puis vous avez une image de défenseur plutôt «propre»...

J’essaie de parler un peu avec tout le monde, je leur dis d’éviter les fautes près de la surface, parce que plus on s’en rapproche, plus le risque de carton est élevé. Si c’est possible de faire des petites fautes un peu avant pour casser le jeu, c’est mieux. Il faut être malin. Personnellement je ne suis pas un défenseur qui va tacler sur tous les ballons. J’essaie de montrer cet exemple, par le geste.

Vous saviez que vous êtes la seule équipe à ne pas avoir pris de rouge cette saison?

C'est vrai? Ah non, je ne savais pas. C’est une très bonne chose. Je suis content et fier de toute l’équipe.