Stade Rennais: Barry Copa, la revanche d'un «bon gamin»

FOOTBALL Après la victoire de la Côte d'Ivoire à la CAN, l'ancien gardien du SRFC est aujourd'hui un héros national dans son pays...

Jeremy Goujon

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Le gardien ivoirien Boucabar Barry Copa a joué à Rennes.
Le gardien ivoirien Boucabar Barry Copa a joué à Rennes. — H. Benhaiem / Sipa

De la Coupe d’Afrique des nations qui vient de s’achever, il en est le héros inattendu. En repoussant deux tirs au but ghanéens, et en inscrivant celui de la gagne, Boubacar Barry, dit «Copa», a en effet offert la CAN 2015 à la Côte d’Ivoire, plus sacrée depuis 1992 et une séance (déjà) épique face… au Ghana.

L’ancien gardien du Stade Rennais (2000-2003) ne devait même pas jouer la finale en Guinée équatoriale. Son sélectionneur, le Français Hervé Renard, avait vu le portier titulaire des Elephants, Sylvain Gbohouo, se blesser la veille à l’entraînement. Contesté dans son pays, Copa (35 ans) en a profité pour saisir la plus belle des revanches, avant de prendre sa retraite internationale. Parmi les premiers à le féliciter, il y a eu Patrick Rampillon. «On garde les coordonnées des gens qui savent se rappeler d’où ils viennent, explique le directeur du centre de formation du SRFC. Il m’avait remis son maillot de club [Lokeren, Belgique], il y a un an et demi. Il fait partie des mecs qui ont les pieds sur terre.»

Pas le meilleur de sa génération

En 1997, Rampillon découvre Copa lors d’une tournée en France de la fameuse Académie Mimosifcom, créée par l’ancien international tricolore Jean-Marc Guillou. «A l’époque, Gérard Le Fillâtre, manager du club, m’avait dit d’aller voir les jeunes de Guillou, que je connaissais personnellement. C’était une promotion de grands talents, avec Kolo Touré, Yaya Touré, Baky Koné, Arouna Koné… Et puis, il y avait ce gardien. Ce n’était peut-être pas le plus gros potentiel de la génération en question, mais son jeu au pied pouvait intéresser le Stade Rennais, et c’est pour ça qu’on l’a fait venir. Ça correspondait à nos besoins.»

En Bretagne, Barry Copa poursuit son apprentissage auprès d’un certain Bernard Lama, avant de devenir la doublure d’Eric Durand. L’arrivée de Petr Čech l’empêchera ensuite d’évoluer en équipe première. «Il avait très certainement fait valoir des qualités, mais n’avait peut-être pas la dimension Ligue 1, estime Patrick Rampillon. Cela ne l’a pas empêché de faire une belle petite carrière.» Une carrière dont le point d’orgue restera la finale de dimanche, au cours de laquelle l’intéressé a aussi prouvé une aptitude pour la comédie.

Une personnalité qui fait la différence

Après avoir décontenancé les Ghanéens, c’est un Barry Copa très ému qui s’est présenté devant les micros. «On retrouve de sa personnalité dans son attitude, à la fois décontracté et très concentré sur son sujet. J’avais recruté le footballeur, tout en étant très attentif à l’individu. C’était quelqu’un qui avait envie de réussir sa vie, avec le football pour tremplin. Son état d’esprit, sa mentalité, son éducation, il les avait avant, mais ça a été gonflé avec l’apport du foot. Je suis content pour lui, c'est un bon gamin», conclut Rampillon.