Finale de Coupe Davis: Equipe de France. Quatre raisons de croire au miracle contre la Suisse de Federer

TENNIS Alors qu’il faudra remporter les deux derniers simples, ce dimanche, pour espérer ramener le Saladier d’argent…

J.L.

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Julien Benneteau et Arnaud Clément, le 22 novembre 2014 à Lille.
Julien Benneteau et Arnaud Clément, le 22 novembre 2014 à Lille. — Christophe Ena/AP/SIPA

«Mes joueurs ont une force de caractère. Ils savent exactement où nous en sommes aujourd'hui. Ce n'est pas là où ils voulaient être. Mais nous ne sommes toujours pas éliminés. Même si demain les chances sont plus favorables à l'équipe suisse, nous en avons toujours ensemble. Mes joueurs vont se battre jusqu'au bout.» Arnaud Clément n’a pas fait que passer son temps à esquiver les questions sur le pourquoi du comment du forfait de Tsonga samedi. Le capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis a aussi de tenter de convaincre l’assistance que les carottes n’étaient pas encore cuites. Voici quelques raisons d’y croire un (tout) petit peu

Federer n’est peut-être pas encore à 100%

Cela n’a peut-être pas sauté aux yeux des spectateurs les moins avertis, mais Federer n’a pas été le taulier des Suisses lors de leur démonstration en double face à la paire Gasquet-Benneteau. C’est même le seul à avoir ouvert la porte aux Français en ratant quelques volées faciles au deuxième set. Cela ne s’est pas vu parce que Wawrinka évoluait encore à un niveau stratosphérique et que les Bleus n’ont jamais réussi le coup qui change tout, mais Federer n’est pas redevenu en deux jours un n°1 mondial en puissance. S’il n’a plus mal au dos -«C’est la dernière question à laquelle je réponds sur mon dos. Je n’ai plus de douleurs et l’ai l’impression d’être à 100%, alors je donne 100%»- a-t-il déclaré à la presse, il reste encore loin de son meilleur niveau en simple, Monfils l’a brillamment démontré vendredi.

Tsonga ou Gasquet doivent de faire pardonner

Le psychodrame autour du bras de Tsonga n’a pas fini de nous faire causer. Sera-t-y là, sera-t-y pas là, personne ne sait. Mais si son coude n’est pas trop douloureux, le Manceau tiendra une occasion en or de faire oublier sa défaite contre Wawrinka.  «C’est lui qui aura la chance de rentrer en premier sur le terrain pour nous ramener à 2-2, veut croire son entraîneur Nicolas Escudé il faudra y aller à fond, sans aucune  demi-mesure. En finale de Coupe Davis, on doit trouver les ressources mentales pour se remettre dedans». Le raisonnement vaut aussi pour Gasquet, qui est passé à côté de son double. L’attitude  du Biterrois n’a pas spécialement donné envie de le revoir demain, mais lui jure «qu’il arrivera à se relancer» si le capitaine fait appel à lui. Et il a déjà battu Federer sur terre battue.

Le public est dans le match

Très franchement, et quoique Tsonga puisse en dire, on n’avait pas entendu une Marseillaise aussi poignante dans un stade de foot depuis longtemps. D’ailleurs,le Manceau en a pleuré, et Gasquet n’était pas loin de craquer non plus. Samedi, le public français a été chauvin et supporter comme rarement, poussant jusqu’au bout pour aider, par exemple, le Biterrois à faire surface à un moment ou un autre. «C'était exceptionnel aujourd'hui, confirme Benneteau. Rien à dire. Dès l'échauffement du matin, il y avait une ferveur…Quand on est rentrés sur le terrain, c'était exceptionnel. A chaque fois que nous avons eu besoin d'eux, ils ont été là. Les Suisses ont aussi fait beaucoup de bruit, mais c'est normal, ils ont deux joueurs qui ont fait une partie plus que très solide, une très belle partie De notre côté, aujourd'hui, c'était très fort. J'espère que ce sera pareil demain.» Il le faudra pour que les Bleus puissent rêver à l’exploit  

Monfils ne perd jamais de cinquième match décisif

«Me retrouver au cinquième match? Je n'en ai pas envie pour plusieurs raisons. D’abord parce que je pense que les gars sont prêts pour le double samedi. Et puis, ensuite, parce que celui qui va jouer avant moi dimanche, j'espère qu'il fermera la rencontre». Voilà ce que disait Monfils vendredi après sa victoire contre Federer. Espérons qu’il ne le pense pas vraiment. En arriver là serait déjà immense, mais permettre à Monfils de jouer le match de la gagne est aussi une source d’espérance. «Sliderman » n’a jamais perdu un match à 2-2, et surtout, il est le seul tricolore à jouer à son niveau à Lille. Sa démolition en règle de Federer vendredi laisse penser qu’il peut tenir le rythme d’un Wawrinka absolument déconcertant de puissance ce week-end. Ou en tout cas qu’il ne rendra pas les armes sans combattre.