Les cinq casseroles qui entachent la réputation de la Fifa
FOOTBALL•La fédération internationale, qui vient de valider les attributions polémiques des Mondiaux 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar, n’en est pas à sa première polémique…A.M.
Les scandales à la Fifa, c'est devenu un pléonasme. L'institution qui gère le football mondial est - à tort ou à raison - accusé de tout les maux. Tour d'horizon de ces affaires qui ont troublé l'organisation de Sepp Blatter.
La plus récente: L’affaire Qatar-Russie
C’était l’enquête qui allait faire trembler la Fifa. L’intransigeant Michael J. Garcia devait faire la lumière sur les conditions d’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. L’enquête, qui ne sera jamais rendue publique, dédouane l’Emirat des accusations de corruption. Et absout aussi le pays de Vladimir Poutine. Où le comité d’organisation a effacé toutes les informations relatives à la candidature.
La parade: Confirmer les pays organisateurs en égratignant au passage l’Angleterre, dont la presse tire à boulets rouges sur la Fifa, pour des cadeaux offerts aux membres du comité exécutif.
La plus grotesque: L’affaire des montres brésiliennes
En plein Mondial brésilien, les membres du fameux comité exécutif de la Fifa ont été gâtés. A leur hôtel, ils trouvent un joli cadeau: une montre de luxe Parmigiani facturée à 25.000 euros, rapporte le Sunday Times en septembre. Le Belge Michel D’Hooghe confirme: «Je pense que je l'ai donné à un membre de ma famille. Je ne peux pas porter 25 montres.»
La parade: Aucune sanction, mais l’obligation pour les membres concernés de faire don de la montre à une association caritative brésilienne.
La plus retentissante: L’affaire ISL
ISL, pour International Sport Leisure. Cette société de marketing (spécialisée dans les droits TV et commerciaux de la FIFA), a coûté leur poste à deux hauts-dirigeants de l’institution: Joao Havelange et Ricardo Teixeira, qui ont touchés d’énormes commissions. Sepp Blatter, successeur d’Havelange au sommet de la Fifa, est blanchi par la Cour suprême suisse.
La parade: Après avoir longtemps nié, la Fifa rend publics tous les documents liés à l’affaire ISL avant le verdict rendu par la justice suisse.
La plus discrète: Les élections louches de Blatter
Président de la Fifa depuis 1998, Sepp Blatter se représentera à sa propre succession. Lors de la campagne de 2011, le Suisse est visé par des accusations de corruptions par un soutien de son rival, le Qatari Bin Hammam. Qui se retrouve lui-même accusé de…corruption. D’autres accusations portent également sur l’élection de 1998, dans le livre «How they stole the Game» de David Yallop, paru en 1999.
La parade: Pour la campagne de 2011, Bin Hammam est suspendu par le comité d’éthique de la Fifa. Sepp Blatter est blanchi.
La plus ennuyeuse: Bientôt des impôts en Suisse?
En moyenne, la Fifa dégage un milliard d’euros par an de revenus. Et ça tombe bien, puisque le siège de l’institution est situé à Zurich. La Suisse, où les associations à but non-lucratifs, comme la Fifa (!!) ne sont pas soumises à la même imposition ni au même régime anti-corruption. Fin novembre, le parlement tentera de faire passer une loi qui «inscrira la corruption privée dans le code pénal et faire en sorte qu’elle soit poursuivie d’office», raconte Rue89.
La parade: Soyez patients et faites confiance à la Fifa.


















