Voyage en 1972, quand PSG-OM était encore «un match comme les autres»
FOOTBALL•A l’époque, le terme Classico n’existait pas…Romain Baheux
«Euh… J’ai joué? Désolé, mais je ne m’en souviens pas trop…» Claude Arribas a beau remonter le fil de sa carrière, impossible de raconter la moindre seconde de ce match. Le 17 mai 1972, le défenseur était pourtant titulaire au sein de la première équipe du PSG à avoir affronté l’OM à domicile. Plus de trente ans avant le Classico de dimanche, la rencontre voit les Marseillais de Skoblar, tenants du titre et futurs champions de France, s’imposer 2-1 à Colombes sans surprise.
« Le onze de départ du Paris Saint Germain pour le tout premier #PSG-OM en 1971/1972. #PSGOM pic.twitter.com/Uuj1rOK1RD — Histoire du #PSG (@Histoire_du_PSG) February 26, 2014 »
A l’époque, l’idée même d’une rivalité entre les deux clubs paraît saugrenue. Promu, le PSG s’appuie sur quelques noms, comme Jean Djorkaeff, et sur des anciens amateurs. Sur la pelouse, le club s’applique à assurer son maintien et n’entretient aucun passif avec les Marseillais. «C’était un match comme les autres», résume l’entraîneur parisien Pierre Phelipon. «L’OM faisait partie des équipes que l’on craignait. En fait, on en craignait pas mal cette saison», sourit l’un des titulaires parisiens, Roland Mitoraj. «A la limite, on attendait plus la rencontre contre Saint-Etienne, poursuit Arribas. On avait pris quelques volées donc on essayait d’avant tout bien défendre.»
«Le public était discret»
A Colombes, les spectateurs viennent en curieux aux rencontres de ce tout jeune club, né de la fusion du Paris FC et du Stade Saint-Germain en 1970. Ce manque de base populaire ainsi que la configuration de l’enceinte, visible sur les quelques clichés sépia qui restent de la rencontre disputée devant plus de 14.000 personnes, engendrent une ambiance à mille lieues des plus chaudes soirées de PSG-OM. «C’était les balbutiements du début de l’engouement autour de club, ironise Mitoraj. Le stade était froid. Nous, on se sentait plus comme des joueurs d’une équipe des Yvelines que d’un club de la capitale». «Les Parisiens ne poussaient pas trop cette équipe, poursuit Arribas. On était vu comme une petite équipe qui montait.»
Plus pour très longtemps. Quelques semaines plus tard, le club se scinde de nouveau malgré le maintien sportif. Le PSG repart en troisième division avec le statut amateur et voit partir ses pros au Paris FC. Deux ans plus tard, le club retrouve l’élite. La suite est bien plus restée dans les mémoires que ce PSG-OM disputé un jour de mai 1972.


















