Mondial 2014: Face au Nigeria, les Bleus surmontent la peur et se qualifient pour les quarts

FOOTBALL L’équipe de France s’est imposée lundi soir (2-0) face au Nigeria…

B.V. à Brasilia
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Les Bleus fêtent le but de Pogba lors du 8e finale France-Nigeria, lundi 30 juin 2014.
Les Bleus fêtent le but de Pogba lors du 8e finale France-Nigeria, lundi 30 juin 2014. — Ricardo Mazalan/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Brasilia

On avait presque oublié cette étrange sensation. Ce ventre noué, cette gorge sèche, cet état de stress permanent qu’on ne vit que quand il y a la peur d’abandonner trop vite la plus belle compétition du monde. Poussive à s’en arracher les cheveux, l’équipe de France a plongé tout un pays dans la peur face à Nigeria (2-0), mais la voilà bien installée, là, au milieu des huit meilleures équipes du monde, attendant sereinement de savoir si elle affrontera l’Allemagne ou l’Algérie vendredi en quart de finale à Rio.

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C’est aussi le risque d’avoir une équipe jeune à ce niveau de compétition. Dans l’équation, les Bleus ont oublié leur enthousiasme des semaines passées pour ne garder que le mauvais côté de l’inexpérience: la fébrilité, une trouille insensée de tout gâcher face à un adversaire largement à leur portée. Un déchet technique ahurissant les a empêchés de profiter des espaces béants laissés par la défense des Super Eagles. Un manque d’implication évident à la récupération aurait pu leur coûter d’être rapidement menés, mais Emenike était un poil hors-jeu (18e).

Un dernier quart d’heure euphorique

Absents du combat, à l’image d’un Patrice Evra dépassé ou d’un Karim Benzema intermittent du spectacle, les Bleus n’ont jamais dominé. Jusqu’à ce qu’Antoine Griezmann entre en jeu et – coïncidence? – que les Nigérians craquent physiquement. Dans un dernier quart d’heure d’euphorie, les Bleus ont tiré trois fois sur Enyeama, encore monstrueux cet après-midi, puis une fois sur la barre (Cabaye, 77e) avant de finalement trouver la lumière sur une tête opportuniste de Pogba (80e) et un but contre son camp de Yobo (90e).

Vu la physionomie du match, c’est un petit miracle. Mais une grande équipe, c’est une équipe qui gagne ses matchs, peu importe comment. Sans régaler comme lors des phases de poule, la France a su surmonter sa peur, laisser passer l’orage – quel match de Koscielny et Varane en défense ! – et frapper au bon moment. Ce ne suffira peut-être pas pour être champion du monde, mais ça leur permettra de revoir au moins une fois Rio, vendredi. Et de rêver d’y revenir le 13 juillet prochain.