VIDEO. Coupe du monde 2014: Les Etats-Unis sont-ils vraiment devenus un pays de foot?

FOOTBALL Alors que l’équipe nationale affronte la Belgique mardi en 8e de finale, l’engouement populaire est immense au pays…

Antoine Maes

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Des supporters de l'équipe nationale américaine rassemblés à Chicago pour regarder le match contre l'Allemagne, le 26 juin 2014.
Des supporters de l'équipe nationale américaine rassemblés à Chicago pour regarder le match contre l'Allemagne, le 26 juin 2014. — SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

De notre envoyé spécial à Sao Paulo

Un message vidéo d’encouragement de Barack Obama, des tweets de Rihanna, un teaser fiévreux d’ESPN qui fait le buzz… Alors que les Etats-Unis affrontent la Belgique ce mardi en 8e de finale de la Coupe du monde, le pays entier a l’air de se passionner pour son «soccer». Enfin? «J’ai vu sur Internet que les gens se réunissent en masse dans la rue et dans les bars, remarque Omar Gonzalez, le défenseur américain. Ça nous fait chaud au cœur, parce qu’on n’y est pas franchement habitué et parce qu’on ne s’y attendait pas forcément».

Alors que le chant «I believe that we will win» (importé du basket universitaire) déferle de New York à Los Angeles, les amoureux du soccer made in USA se demandent si cette fois c’est la bonne. Mais clair, ils en doutent. «C’est encore dur d’avoir le respect de ceux qui aiment d’autres sports. Vous êtes vus un peu comme un nerd. Ce n’est pas encore mainstream aux Etats-Unis. Mais on ne se sent pas comme des «outsiders», plutôt comme des «insiders», parce que le reste du monde, lui, adore ça», remarque Nick Ferchau, responsable des contenus pour la MLS et qui colle au basket de l’USMNT pendant cette Coupe du monde.

«On a une culture du gros événement, donc c’est populaire tous les quatre ans»

Sa théorie? «On a une culture du gros événement, donc c’est populaire tous les quatre ans. On regarde le Superbowl même si on ne sait pas qui joue. On s’en fout de qui joue en fait. Le seul joueur que connaît un peu le grand public, c’est Landon Donovan, et il n’est pas là. Cela dit, c’est nettement mieux qu’en 2010, qui était déjà nettement mieux qu’en 2006…», remarque Ferchau.

Et si le Mondial provoque ce frémissement, c’est grâce aux résultats de l’équipe nationale, mais aussi des horaires: il n’y a qu’une heure de décalage avec la côte est des Etats-Unis.

Steven Goff, cinq Coupes du monde au compteur pour le Washington Post, est bien d’accord: «Objectivement, en termes de passion, on est encore très loin du Brésil. Il y a même de fortes chances qu’on n’y arrive jamais. Mais ça vient doucement», remarque-t-il. Lui qui a connu les matchs du Mondial 90 en Italie «retransmis avec des pubs au milieu» ne doute pas que le foot finira par s’imposer aux Etats-Unis: «C’est inévitable».

Et pas forcément parce que l’équipe nationale ramène quelques victoires de prestige. «D’abord, il y a toute une génération qui a grandi avec la World Cup de 1994. Mais l’influence latino a aussi changé le pays, remarque Steven Goff. Quand on vient du Mexique, du Costa Rica, de Colombie, on amène sa culture foot avec soi et on est capable de se lever le samedi matin pour regarder la Premier League dans les bars. Le foot a sa place maintenant, même si vous avez peu de chance de trouver un fan au fin fond du Nebraska». Et pourtant, les «Americans Outlaws», le groupe de supporters le plus chaud des Etats-Unis, a son quartier général à Lincoln… Nebraska.