Didier Deschamps: «Ce match nul ne gâche pas notre bonheur d’être en huitièmes de finale»

INTERVIEW Le sélectionneur de l’équipe de France n’a pas boudé son plaisir mercredi soir, malgré le nul des Bleus face à l'Equateur (0-0)…

Corentin Chauvel

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Le sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps, après le match nul contre l'Equateur, le 25 juin 2014, à Rio.
Le sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps, après le match nul contre l'Equateur, le 25 juin 2014, à Rio. — D.VINCENT/AP/SIPA

De notre correspondant à Rio de Janeiro

Cela n’a pas été le football champagne des deux premiers matchs de poule, mais malgré ce nul (0-0) glané contre l’Equateur ce mercredi soir, les Bleus ont rempli leur mission en terminant premiers de leur groupe et surtout en se qualifiant pour les huitièmes de finale du Mondial. C’est ainsi un Didier Deschamps détendu et souriant qui est apparu en conférence de presse d’après-match.

Quel est le sentiment qui prédomine après ce match nul?

Il en faudrait plus pour gâcher ma grande satisfaction. On avait l’objectif de se qualifier, si possible en terminant premiers du groupe et on a réussi. On n’a pas gagné, mais malgré les changements, on a eu énormément d’occasions, on aurait pu marquer des buts, mais ce soir on ne l’a pas fait, on a manqué d’efficacité. En tout cas, je ne vais pas retenir quelque chose de négatif, ce match ne nul ne gâche pas notre bonheur. Ce soir, il faut apprécier et dès demain, on basculera dans la préparation des huitièmes de finale. C’est une deuxième compétition qui va commencer. Dans cette phase de poules, beaucoup de grandes nations ont été éliminées, mais nous on est là et on va se concentrer uniquement sur ce match contre le Nigeria.  

Comment avez-vous géré les changements que vous avez effectués pour ce match?

Quand il y a des changements, forcément cela nuit à la cohésion collective, il y a moins d’automatismes, de fluidité. Malgré cela, j’ai trouvé qu’on avait ce soir un bon fil conducteur. On a été moins dangereux en première période parce que cette équipe d’Equateur a bien défendu. A dix, on a eu plus d’espaces et de très bon enchaînements, mais sans trouver l’efficacité. Evidemment, je peux remettre toujours les mêmes et puis ceux qui ne jouent pas me diront au bout d’un moment: «On ne sert à rien». Si j’ai sélectionné 23 joueurs, c’est parce que j’ai confiance en tous ceux qui sont là. Tous n’ont pas encore eu le bonheur et le plaisir de pouvoir jouer, mais je dois arriver à un juste équilibre en préservant certains qui ont beaucoup joué et faire en sorte d’en maintenir d’autres en jeu. Cela fait partie de la gestion d’un groupe.

Est-ce que ce n’est pas un bien pour un mal de tempérer l’euphorie qui entoure actuellement l’équipe de France?

On n’a pas fait ce résultat pour calmer les gens. S’ils sont euphoriques, c’est très agréable et les joueurs ont besoin de toute cette ferveur. Après le match contre la Suisse, on ne s’est pas vus les rois du monde non plus, parce qu’il y a des adversaires en face, avec des qualités, l’Equateur l’a montré ce soir. J’ai dû faire une erreur en disant aux joueurs avant la Suisse qu’on ne gagnerait pas tous nos matchs par 3 à 0. J’aurais peut-être dû leur dire cela avant le match de ce soir. Tous les matchs sont difficiles et l’Argentine a aussi eu un match difficile contre le Nigeria. C’est une Coupe du monde de haut niveau, avec beaucoup d’intensité et il faut être à son meilleur niveau pour pouvoir se qualifier.

Que pensez-vous du Nigeria, le prochain des adversaires des Bleus?

J’ai déjà eu l’occasion de la voir, c’est une équipe qui a un bloc solide, des aptitudes à bien défendre avec un très bon gardien, des qualités devant aussi avec de la vitesse. Ce sera forcément un match difficile.