Coupe du monde 2014: Mickaël Landreau, intendant général de la bonne ambiance

MONDIAL Le troisième gardien des Bleus prendra sa retraite à la fin de la Coupe du monde…

B.V. à Ribeirao Preto
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Mickaël Landreau (à droite), fait rire Hugo Lloris et Stéphane Ruffier à Clairefontaine, le 25 mai 2014
Mickaël Landreau (à droite), fait rire Hugo Lloris et Stéphane Ruffier à Clairefontaine, le 25 mai 2014 — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Ribeirao Preto (Brésil),

Le 18 mai dernier, Mickaël Landreau a choisi sa sortie. Pour son dernier match, le gardien bastiais a affronté son premier club, Nantes. Quelques arrêts, beaucoup d’applaudissements, une révérence: on ne verra plus jamais le recordman de matchs en Ligue 1 sur les terrains. Sélectionné par Didier Deschamps comme troisième gardien au Brésil, comme il l’avait déjà été à la Coupe du monde 2006, Landreau vit ses dernières semaines en tant que footballeur professionnel loin de l’idée de profiter d’un très hypothétique double forfait d’Hugo Lloris et Stéphane Ruffier, mais avec une mission.

«J’essaie d’être là pour que les autres soient bien» résume-t-il. Il a le sens de la formule. Comme lorsqu’il expliquait, avant que Didier Deschamps ne dévoile sa liste des 23, être «non pas le troisième meilleur gardien français mais le meilleur troisième gardien pour les Bleus». Le rôle n’est pas aisé. Didier Deschamps l’a même décrit comme «ingrat», car «s’il y en a un au départ sur les 23 qui est quasiment sûr de ne pas jouer, c’est lui. Et paradoxalement, c’est celui qui va être le plus sollicité. Humainement, ça n’est pas évident.»

Le soutien à Coupet en 2006

Mais il plaît à Landreau. Quand on lui demande s’il faut être un peu maso pour accepter la situation, il répond simplement qu’«au contraire, il faut avoir de l’intelligence, comprendre le fonctionnement des choses, pouvoir mettre son ego de côté.» A mi-chemin entre joueur et membre du staff, il peut servir de cible vivante aux entraînements, conditionne Hugo Lloris et veille surtout à l’équilibre du groupe. «J’ai eu un club formateur qui avait des valeurs de partage, de collectif, la notion de vie de groupe et le fait de réussir ensemble, présente-t-il. Je connais suffisamment les choses, l’importance de tous les petits détails, et je suis heureux de me mettre à disposition.»

Comme lorsqu’en 2006, il avait apporté son soutien à un Grégory Coupet dévasté d’apprendre qu’il serait remplaçant. Quitte à se mettre à dos le titulaire, Fabien Barthez. «J’ai aidé Greg à bien vivre la Coupe du monde car c’était logique qu’il vive mal cette situation, se souvient Landreau. Fabien ne l’avait pas forcément bien perçu. Je l’avais fait pour l’équipe de France.»

«Apporter au maximum en fonction de sa sensibilité»

Une sorte de superintendant de la bonne ambiance, c’est ça, troisième gardien? «Ce n’est pas le rôle de troisième, c’est ce que je suis et ce que le groupe est, coupe-t-il. Trouver sa place et bien vivre, apporter au maximum en fonction de sa sensibilité, de ce que l’on est, à travers ma carrière, mon expérience.» De toute façon, il a déjà réussi sa sortie. C’était le 18 mai dernier.