Espagne-Chili: Les raisons de la déroute espagnole au Brésil

FOOTBALL L’Espagne, tenante du titre, a été sortie après deux matchs…

Corentin Chauvel

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L'Espagnol Sergio Ramos dépité après la défaite de l'Espagne face au Chili, le 18 juin 2014, à Rio.
L'Espagnol Sergio Ramos dépité après la défaite de l'Espagne face au Chili, le 18 juin 2014, à Rio. — L.GENE/AFP

De notre correspondant à Rio de Janeiro

L’Espagne ne sera pas le premier champion du monde à couler de la sorte quatre ans après son titre. C’est d’ailleurs devenu une manie ces dix dernières années (France en 2002, Italie en 2010). Il y a toujours des raisons à ces échecs. 20 Minutes vous explique pourquoi l’Espagne n’a pas pu aller plus loin cette année.

Les Espagnols sont à bout physiquement

Vicente Del Bosque a eu beau déclarer que son équipe tenait la route physiquement, ce n’est pas ce que l’on a vu sur le terrain. L’Espagne a une nouvelle fois régné sur la scène européenne cette saison avec ses clubs, mais cela lui a coûté sa Coupe du monde. Madrilènes (Casillas, Xabi Alonso, Sergio Ramos, pour le Real et Diego Costa pour l’Atlético) comme Barcelonais (Piqué, Xavi, Iniesta, Busquets) ont été les ombres d’eux-mêmes au Brésil. Ils n’avaient plus de jus, tout simplement.

Les Espagnols n’avaient plus faim

La plupart des cadres de la Roja triomphante encore là (Casilla, Iniesta) ont vieilli et ont surtout déjà tout gagné, en club (encore cette année) comme en sélection. Après une saison aussi éprouvante, avaient-ils seulement encore envie d’aller chercher un nouveau titre dans une compétition aussi exigeante que la Coupe du monde? Face aux Néerlandais et aux Chiliens, la possession de balle était pourtant espagnole, mais les Ibériques n’ont jamais montré la vista qu’on leur connaît et fait les efforts qui lui ont permis de venir à bout de n’importe quelle équipe auparavant. C’est dur d’avoir faim quand on a déjà été largement rassasié.

Les Espagnols n’ont plus d’attaque

Fallait-il vraiment titulariser Diego Costa à la pointe de l’attaque espagnole? Certes, il a cartonné cette saison à l’Atlético Madrid, mais avec la Roja, il a à peine une poignée de sélections, revenait de blessure et se savait sous pression pour son retour au Brésil où le public l’a sifflé, ne lui pardonnant pas son changement de sélection. Aussi bien contre les Pays-Bas que contre le Chili, il a été sorti après à peine une heure de jeu. Fernando Torres n’a pas fait beaucoup mieux, mais il a une centaine de sélections derrière lui.

Les Espagnols sont tombés dans un groupe trop fort pour eux

Et l’ordre des matches n’a sans doute pas été évident à gérer. Se faire cartonner d’entrée par des Pays-Bas pas forcément au meilleur d’eux-mêmes non plus, cela a clairement fait mal aux egos espagnols qui sont tombés immédiatement dans la spirale négative. Certes, ce n’était qu’un premier match de poule, mais prendre une coriace équipe sud-américaine derrière au lieu des colosses australiens (inoffensifs si on a une bonne défense), ce n’est pas l’idéal. Il faut aussi beaucoup de mental dans une Coupe du monde, les Espagnols n’en avaient pas.

Les Espagnols étaient attendus, trop attendus

A l’entame de ce Mondial, ce sont sans doute les Brésiliens qui avaient le plus de pression parce qu’ils jouent chez eux, qu’ils restent sur une large victoire contre ces mêmes Espagnols en Coupe des confédérations et qu’ils sont quand même très forts. Mais c’est l’Espagne le champion du monde (et d'Europe) en titre et c’est toujours plus difficile d’aborder une compétition avec l’étiquette de favori (ils ont bien géré leurs éliminatoires et le palmarès de ses joueurs reste gigantesque). Jusque-là, ils s’en étaient bien sortis, mais comme la France ou l’Italie il n’y a pas si longtemps, il y a un moment où cela casse, où on ne sait plus comment répondre à cette pression, surtout après un premier match catastrophique.