Mondial 2014: Le match Brésil-Croatie comme si vous y étiez

FOOTBALL La Coupe du monde a commencé par un scandale arbitral, certes, mais aussi par une belle fête…

B.V., A.M et C.C.

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Le match d'ouverture à Sao Paulo, le 12 juin 2014
Le match d'ouverture à Sao Paulo, le 12 juin 2014 — TAAMALLAH/LAURENTVU/SIPA

De nos envoyés spéciaux à São Paulo, Rio de Janeiro et Ribeirao Preto (Brésil)

C’était le coup d’envoi. Le Brésil attendait ça depuis si longtemps, entre crispations sociales et excitation collective: sa Coupe du monde a commencé. Par un scandale arbitral, certes, mais aussi par une belle fête. De l’émotion de São Paulo à la ferveur de Rio, en passant par la tranquillité de Ribeirao Preto, 20 Minutes vous fait revivre ce match d’ouverture comme si vous y étiez.

A São Paulo, périph enfin désert et hymne à frisson

L’avantage du match d’ouverture à São Paulo, c’est qu’il allège sérieusement les routes. D’ordinaire saturé dès 7h, le périphérique de São Paulo était quasiment vide jeudi matin. Forcément, le jour du match avait été déclaré férié. Moralité, dès le début de l’après-midi, une marée jaune s’est déversée dans les rues qui avoisinent l’Arena Corinthians. Les lanchonete, sorte de vendeurs de snacks ambulants, s’en sont donné à coeur joie toute la journée.

L’immense frisson de la journée restera l’hymne brésilien. Sur la musique d’abord, avant que le peuple pauliste prenne le relais sur une interprétation a cappella à tomber par terre. La victoire (dans la douleur) acquise, c’est dans le calme et via la Linha Vermelha du métro local que les supporters de la Seleçao ont rejoint leurs lointains quartiers, dans cette ville tentaculaire de 20 millions d’habitants.

A Rio de Janeiro, du patriotisme, des bières et des femmes

On aurait pu choisir Copacabana pour ouvrir le bal, mais on a préféré se déporter de l’autre côté de la baie, à Niteroi, sans touristes et avec de vrais Cariocas. Lieu choisi: Jardim Icarai et sa seule rue remplie de bars aux couleurs du Brésil. Tout le monde est vêtu de jaune, l’hymne national est fièrement entonné et les hurlements de bonheur fusent dès le coup d’envoi. Le premier but contre son camp de Marcelo douche l’ambiance d’un coup, mais Neymar va vite revigorer l’audience qui enchaîne à bonne vitesse les seaux remplis de bouteilles de bière.

Beaucoup de jeunes femmes dans l’assistance qui vibrent plus que de raison à chaque centre brésilien, s’accordent sur le fessier énorme de Hulk, se plaignent de cette équipe de Croatie qu’elles croyaient facile à battre ou se demandent encore s’il y aura une séance de tirs aux buts si on en reste à 1-1. Même bien alcoolisé, le public brésilien reconnaît que l’arbitre les a bien aidés à finalement s’imposer. Mais «la France a bien acheté la Coupe du monde 1998». Mouais.

A Ribeirao Preto, rues désertes, bars en fusions et feu d’artifice

Dans la ville hôte de l’équipe de France, on a vécu ce match comme on passe le temps, paisiblement. Pas d’écran géant au centre-ville. Salle de cinéma quasiment vide, en grande partie à cause de la qualité de l’image. Rues désertes. Pour aller chercher un peu l’ambiance, il fallait trouver le bon bar. Au Paddock, maillots jaune et vert sur les épaules, les Brésiliens ont vibré. Surtout pendant l’hymne, de loin le moment le plus fort de ce premier match.

Juste devant nous, cette supportrice plus toute jeune ambiance à elle seule le bar. C’est elle qu’on entendra le plus sur le but de Neymar. Si, si, vous savez, le seul qui n’est pas entaché d’une erreur d’arbitrage. Au loin, alors que le troisième but d’Oscar est marqué et la victoire assurée, on entend quelques feux d’artifice détonner. Pas vraiment impressionnant non plus. Comme l’équipe du Brésil, finalement.