Roland-Garros 2014: Monfils, la folie avant le coup de massue

TENNIS Le Français, auteur d’une superbe remontée face à Andy Murray, a explosé dans la dernière manche (6-4, 6-1, 4-6, 1-6, 6-0)...

Julien Laloye

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Andy Murray et Gaël Monfils, le 4 juin 2014 à Roland-Garros.
Andy Murray et Gaël Monfils, le 4 juin 2014 à Roland-Garros. — Ella Ling/SIPA

De notre envoyé spécial à Roland-Garros

Tour ça pour ça. Un scénario de folie, une folle remontée depuis deux manches à rien, un public en transe… et un dernier set complètement vendangé alors que Murray rampait comme un mort vivant sur le court. Il y a de quoi se taper la raquette contre les murs du Chatrier en boucle. D’ailleurs, on est prêt à parier que Gaël Monfils va repenser à ce quart de finale pendant des siècles (4-6, 1-6, 6-4, 6-1, 0-6). Un quart de finale qu’il a entamé par le très mauvais bout, en faisant pile ce qu’il ne fallait pas faire, à savoir «rentrer dans le jeu dérailleur de l’Ecossais», comme le craignait le DTN Arnaud Di Pasquale avant la rencontre.

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Et puis, quand personne ne croyait plus en lui, le Parisien a commencé à lâché ses coups droits de buffle face à Murray au bord de la rupture, couinant de la cuisse gauche et éructant comme un démon contre ses fautes à répétition. A deux manches partout, on s’est même dit que Monfils allait avoir le temps de finir avant la nuit. C’est d’ailleurs ce qu’il l’a perdu. «J’ai voulu me précipiter parce que j’ai vu qu’il était moins bien. J’ai attaqué n’importe comment». Un break échappé en tout début de set, quand la dynamique était encore de son côté, un Murray se remettant à galoper comme un petit fou, un réservoir sur la jante sans prévenir, et puis le black-out total, sans prévenir, «Murray a fait parler son expérience, jugeait Paul Quétin à chaud. Gaël a perdu le fil de la rencontre et son adversaire s’est engouffré dans la brèche. Je ne crois pas que ce soit une question de physique.»

Un peu, quand même, vu l’écroulement de Monfils lors de la dernière manche (6-0 en vingt minutes). Une dernière manche qui s’est jouée en trois minutes, le temps pour Monfils de rater un passing d’école à 15-30 sur le service du Britannique. «Il a eu un coup de moins bien, observe Rufin, le papa. La folie n’a pas suffi, j’ai l’impression qu’il n’avait plus d’énergie, quand il a baissé, l’autre est remonté, c’est dommage». Le Français, arrivé à Paris sans aucune préparation derrière lui, avait prévenu qu’il essayait de sauver sa peau chaque jour. Deux semaines, c’était un peu trop long pour lui.