Roland-Garros 2014 : Benoît Paire espère que «les infiltrations marcheront le plus longtemps possible»
TENNIS•Le Français n’a pas souffert du genou lors de son premier tour victorieux face à Falla…Propos recueillis par Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
Il n’avait aucune certitude sur son niveau de jeu, encore moins sur l’état de son genou gauche, dont le tendon fait des siennes depuis près d’un an. Pourtant, Benoît Paire, porté par le court n°7, s’est imposé sans trembler face au Colombien Alejandro Falla (6-3, 6-4, 7-6). «Sans avoir mal au genou», sa plus belle victoire du jour, en espérant qu’il tienne deux jours de plus malgré les conditions.
Benoit, finalement, ça valait le coup de venir non?
Oui (rires). Je suis content d’être sur un terrain de tennis. Les derniers mois ont été très difficiles, j’ai subi beaucoup de critiques, ça a été dur de vivre ça. Les gens se demandaient pourquoi j’abandonnais certains matchs, mais ce sont les médecins qui me disaient de jouer! Ce n’était pas agréable non plus pour moi. Mon coup droit ne passait pas bien, ce n’était pas un grand match, mais je suis juste content d’être sur le court.
Le genou a tenu?
Je peux jouer normalement depuis cinq jours. Pour le moment, les infiltrations marchent. Depuis le début d’année, il y a des jours avec, des jours sans. Le plus dur, c’est de sortir du terrain et de se dire qu’on ne pourra peut-être pas jouer le jour d’après. Physiquement, je ne suis pas en grande forme, mais c’est Roland, le tournoi le plus important du monde, je devais être là.
Vous n’avez pas eu peur de la réaction du public si ça passait mal?
Ce n’est jamais facile pour jouer un Français dans ce pays. Mais que ce soit sur le court n°7, le 1 ou le Lenglen, le public est toujours derrière nous à Roland-Garros. La seule condition, c’est de se battre. Aujourd’hui, même si j’étais mauvais sur le terrain, je me suis battu. Pour le public, c’est le plus important.
Vous continuerez à vous battre même si la douleur revient?
Si je ressens une petite douleur, j’arrêterai. Il y a un médecin qui m’a dit ne pas jouer ici. J’ai pris le risque, mais la prochaine étape si ça se passe mal, c’est l’opération. Je n’ai pas envie de finir ma saison cette semaine.
Du coup, vous préférez ne pas vous fixer d’objectifs pour la suite?
L’objectif… Hier je ne savais même pas si j’allais jouer. Sur le court, j’ai pu faire ce que je pouvais. Je savoure chaque instant, même si j’ai pris trois sets au prochain tour. Après, j’ai eu le temps de réfléchir pendant ces trois mois loin du circuit. Je pense que j’ai le niveau pour aller très haut, il faut juste que j’arrive à canaliser mon comportement, je le sais. Mais aujourd’hui je ne me suis pas trop plaint (sourire).


















